SOMMAIRE

éTUDE

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La pierre angulaire

 

I. La pierre du Temple : pierre angulaire et pierre d'achoppement

A. La pierre angulaire

1. Le premier texte à mentionner la pierre angulaire est celui du prophète Esaïe

2. La deuxième mention de la pierre angulaire est faite dans le livre des Psaumes

a. Le contexte du Temple

b. Le contexte du salut

c. La pierre rejetée

d. Le Psaume 118 conclut le Hallel

3. La troisième mention de la pierre angulaire est dans les Evangiles :

Le contexte de l'Evangile de Marc

a. Jésus se rend à Jérusalem

b. Dans le Temple, Jésus est interrogé sur l'origine de son autorité

c. Jésus répond par une question

d. Jésus parle en parabole

e. Jésus fait référence au Psaume 118.22

B. La pierre d'achoppement

1. Le prophète Esaïe qui était cité à propos de la pierre angulaire (Esaïe 28.16) annonce qu'il y aura aussi une pierre d'achoppement

2. Jésus relie la pierre angulaire à la pierre d'achoppement de l'oracle d'Esaïe montrant qu'il s'agit d'une seule et même pierre

3. L'apôtre Paul fait de même en mélangeant les deux citations d'Esaïe

4. L'apôtre Pierre explique la raison pour laquelle la pierre angulaire, symbole de salut se transforme en pierre d'achoppement

5. Cette destruction aura lieu quand Dieu installera son royaume sur la terre

II. Le rocher d'Horeb :

1. L'eau sortant du rocher d'Horeb :

2. L'apôtre Paul faisant allusion à cet événement

III. Dieu change les situations

 


La pierre angulaire

 

Le symbolisme de la pierre angulaire « pierre du Temple » peut être rapproché de deux autres symbolismes : celui de la pierre d'achoppement et celui du rocher d'Horeb. Ces trois métaphores sont en relation avec l'œuvre du Messie.

I. La pierre du Temple : pierre angulaire et pierre d'achoppement

A. La pierre angulaire :

1. Le premier texte à mentionner la pierre angulaire est celui du prophète Esaïe :

"C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici, j'ai mis pour fondement en Sion une pierre, une pierre éprouvée, une pierre angulaire de prix, solidement posée ; celui qui la prendra pour appui n'aura point hâte de fuir." (Esaïe 28.16)

Pour comprendre le sens de ce passage, il faut remettre le texte dans son contexte (Esaïe 28.14-19)

14 " Ecoutez donc la parole de l'Eternel, moqueurs, vous qui dominez sur ce peuple de Jérusalem ! 15  Vous dites : Nous avons fait une alliance avec la mort, nous avons fait un pacte avec le séjour des morts ; quand le fléau débordé passera, il ne nous atteindra pas, car nous avons la fausseté pour refuge et le mensonge pour abri. 16  C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici, j'ai mis pour fondement en Sion une pierre, une pierre éprouvée, une pierre angulaire de prix, solidement posée ; celui qui la prendra pour appui n'aura point hâte de fuir. 17  Je ferai de la droiture une règle, et de la justice un niveau ; et la grêle emportera le refuge de la fausseté, et les eaux inonderont l'abri du mensonge. 18  Votre alliance avec la mort sera détruite, votre pacte avec le séjour des morts ne subsistera pas ; quand le fléau débordé passera, vous serez par lui foulés aux pieds. 19  Chaque fois qu'il passera, il vous saisira ; car il passera tous les matins, le jour et la nuit, et son bruit seul donnera l'épouvante."

Les autorités de Jérusalem lancent un véritable défi à Dieu en faisant alliance avec la mort pour se mettre à l'abri du jugement divin tout en continuant à vivre dans la fausseté et à pratiquer le mensonge. Face à cette attitude, Dieu veut mettre dans Jérusalem une pierre angulaire de grand prix pour que la droiture et la justice soient rétablies, ceux qui prendront appui sur cette pierre pourront vivre en paix.

2. La deuxième mention de la pierre angulaire est faite dans le livre des Psaumes :

"La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle." (Psaume 118.22)

Là encore il est important de remettre cette citation dans son contexte pour en comprendre le sens.

a. Le contexte du Temple :

Le Psaume 118 commence avec ces mots :

 1  "Louez l'Eternel, car il est bon, car sa miséricorde dure à toujours ! 2 Qu'Israël dise : Car sa miséricorde dure à toujours ! 3  Que la maison d'Aaron dise : Car sa miséricorde dure à toujours ! 4  Que ceux qui craignent l'Eternel disent : Car sa miséricorde dure à toujours !"

Et il se termine par ces mots :

29  "Louez l'Eternel, car il est bon, car sa miséricorde dure à toujours !"

Plusieurs remarques s'imposent pour expliquer le contexte de ce psaume :

- Le sujet du Psaume est clairement exprimé dans ces répétitions de la même expression qui est reprise plusieurs fois au début du psaume pour y revenir à la fin. Ce psaume célèbre la bonté de Dieu et son amour infini. La pierre angulaire qui apparaît dans ce psaume est une manifestation de la bonté et de l'amour de Dieu.

- Trois groupes de personnes sont invités à proclamer l'amour infini de Dieu :

-"Israël" désigne l'ensemble du peuple d'Israël

-"La maison d'Aaron" attire notre attention sur le Temple de Jérusalem car les sacrificateurs qui officiaient dans le Temple étaient des descendants d'Aaron

-"Ceux qui craignent l'Eternel" représentent ceux qui sont issus des autres peuples qu'Israël et qui ont accepté le Dieu d'Israël comme le vrai et unique Dieu. Les étrangers qui avaient foi dans le vrai Dieu sont appelés "les craignants Dieu" dans Actes 13.16 ("Paul se leva, et, ayant fait signe de la main, il dit : Hommes Israélites, et vous qui craignez Dieu, écoutez !") - Salomon avait déjà évoqué la venue des étrangers dans le Temple de Jérusalem : "Quand l'étranger, qui n'est pas de ton peuple d'Israël, viendra d'un pays lointain, à cause de ton nom, car on saura que ton nom est grand, ta main forte, et ton bras étendu, quand il viendra prier dans cette maison, exauce-le des cieux, du lieu de ta demeure, et accorde à cet étranger tout ce qu'il te demandera, afin que tous les peuples de la terre connaissent ton nom pour te craindre, comme ton peuple d'Israël, et sachent que ton nom est invoqué sur cette maison que j'ai bâtie !" (1 Rois 8.41-43). Le prophète Esaïe avait annoncé que les étrangers pouvaient faire alliance avec Dieu : "Et les étrangers qui s'attacheront à l'Eternel pour le servir, pour aimer le nom de l'Eternel, pour être ses serviteurs, tous ceux qui garderont le sabbat, pour ne point le profaner, et qui persévéreront dans mon alliance, je les amènerai sur ma montagne sainte, et je les réjouirai dans ma maison de prière ; leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel ; car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples." (Esaïe 56.6-7). Nous pouvons ajouter à cela que le psaume qui précède est une invitation à toutes les nations à louer Dieu : "Louez l'Eternel, vous toutes les nations, célébrez-le, vous tous les peuples !" (Psaume 117.1)

-La mention de ces trois groupes nous permet de conclure que la terre entière est concernée par la pierre angulaire dont il est question dans ce psaume, et que cette pierre est en relation avec le Temple et plus particulièrement les sacrificateurs.

- La même louange est adressée à Dieu "Car il est bon, car sa miséricorde dure à toujours !" lorsque furent posés les fondements du Temple de Jérusalem à l'époque d'Esdras : "Lorsque les ouvriers posèrent les fondements du temple de l'Eternel, on fit assister les sacrificateurs en costume, avec les trompettes, et les Lévites, fils d'Asaph, avec les cymbales, afin qu'ils célèbrent l'Eternel, d'après les ordonnances de David, roi d'Israël.  Ils chantaient, célébrant et louant l'Eternel par ces paroles : Car il est bon, car sa miséricorde pour Israël dure à toujours ! Et tout le peuple poussait de grands cris de joie en célébrant l'Eternel, parce qu'on posait les fondements de la maison de l'Eternel." (Esdras 3.10,11)

Le rapprochement de ce texte d'Esdras avec le début et la fin du Psaume 118, nous incite à penser que la pierre angulaire représente la pierre de fondation du Temple et que ce psaume est un hymne en relation avec la fondation du Temple de Dieu.

- Dans le contexte immédiat de l'expression "pierre d'angle", le Temple est plusieurs fois évoqué : "Ouvrez-moi les portes de la justice, j'entrerai, je louerai l'Eternel. 20  Voici la porte de l'Eternel : C'est par elle qu'entrent les justes. 21  Je te loue, parce que tu m'as exaucé, parce que tu es devenu mon salut. 22  La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle. 23  C'est de l'Eternel que cela est venu : C'est un prodige à nos yeux. 24  C'est ici la journée que l'Eternel a faite : Qu'elle soit pour nous un sujet d'allégresse et de joie ! 25  O Eternel, accorde le salut ! O Eternel, donne la prospérité ! 26  Béni soit celui qui vient au nom de l'Eternel ! Nous vous bénissons de la maison de l'Eternel. 27  L'Eternel est Dieu, et il nous éclaire. Attachez la victime avec des liens, amenez-la jusqu'aux cornes de l'autel !" (Psaume 118.19-27)

-"Les portes de la justice" ; "les justes" : le Temple est le lieu du pardon par excellence, c'est dans ce lieu que Dieu accorde son pardon par l'intermédiaire des sacrifices. Les pécheurs, après avoir confessé leur péché, sont pardonnés et sont déclarés justes, c'est-à-dire sans péché.

-"La porte de l'Eternel" : Dieu avait demandé aux Israélites de construire un sanctuaire dans lequel il pourrait habiter : "Ils me feront un sanctuaire, et j'habiterai au milieu d'eux." (Exode 25.8). La porte du sanctuaire ou du Temple est appelée ici la porte de l'Eternel.

-Le Temple est nommément mentionné par l'expression "maison de l'Eternel".

-"La victime" : ce mot n'est pas dans le texte original. Le texte est obscur et difficile à traduire, néanmoins, il serait une évocation des sacrifices effectués au Temple.

-"aux cornes de l'autel", cette expression est importante car non seulement elle évoque directement le Temple et les sacrifices, mais les cormes sont symboles de puissance, ici la puissance du pardon qui permet à des êtres pécheurs de devenir justes. Les pécheurs rendus justes pourront aller à la rencontre de Dieu.

-Toutes ces allusions directes ou indirectes apportent de nouveaux arguments pour comprendre que la pierre de l'angle est bien la pierre du Temple.

b. Le contexte du salut :

Le salut est le sujet principal de ce psaume. Le psalmiste célèbre la délivrance et la victoire accordées par Dieu :

- Le personnage principal du psaume (peut-être une personnification du peuple d'Israël) était dans la détresse mais Dieu l'a secouru (verset 5-7), les nations l'environnaient, elles ont été détruites (verset 10-12). La joie éclate car Dieu l'a sauvé, il a été délivré : "L'Eternel est ma force, il est le sujet de mes chants ; il m'a sauvé. 15  Des cris de joie, des cris de délivrance éclatent, dans les tentes des justes ! Car l'Eternel, par sa puissance, fait des exploits, 16  car l'Eternel, par sa puissance, remporte la victoire, car l'Eternel, par sa puissance, fait des exploits. 17  Non, je ne mourrai pas, je resterai en vie pour publier bien haut ce que fait l'Eternel !" (Psaume 118.14-17)

- La notion de "salut" est également clairement mentionnée dans le contexte immédiat du texte sur la pierre angulaire : "Ouvrez-moi les portes de la justice, j'entrerai, je louerai l'Eternel. 20  Voici la porte de l'Eternel : C'est par elle qu'entrent les justes. 21  Je te loue, parce que tu m'as exaucé, parce que tu es devenu mon salut. 22  La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle. 23  C'est de l'Eternel que cela est venu : C'est un prodige à nos yeux. 24  C'est ici la journée que l'Eternel a faite : Qu'elle soit pour nous un sujet d'allégresse et de joie ! 25  O Eternel, accorde le salut ! O Eternel, donne la prospérité ! 26  Béni soit celui qui vient au nom de l'Eternel ! Nous vous bénissons de la maison de l'Eternel. 27  L'Eternel est Dieu, et il nous éclaire. Attachez la victime avec des liens, amenez-la jusqu'aux cornes de l'autel !" (Psaume 118.19-27)

-La pierre angulaire est mise en relation étroite avec le salut accordé par Dieu à ceux qui viennent à sa rencontre dans son Temple.

-L'expression "accorde ton salut" correspond à l'hébreu "hoschia-na" qui pourrait être traduit par "daigne sauver !". Elle a fini par se transformer en "hosanna" devenant une prière chantée lors des fêtes pour demander à Dieu d'accorder son salut.

c. La pierre rejetée :

"La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle." (Psaume 118.22)

Cette phrase paraît au premier abord plutôt énigmatique. De quelle pierre est-il question ? Qui sont ceux qui bâtissaient ?

-Ce psaume a pu être composé lors de la reconstruction du Temple après l'exil babylonien à l'époque perse. Le prophète Zacharie a eu une vision que Dieu lui explique et où il est question de la pierre principale, donc la pierre angulaire :

"Qui es-tu, grande montagne ? Devant Zorobabel, tu seras aplanie. Il fera sortir la pierre principale aux cris de : Grâce, grâce pour elle !" (Zacharie 4.7 NBS)

Dans ce texte la grande montagne pourrait être la montagne de ruines du Temple de Salomon et de la ville de Jérusalem détruits par les Babyloniens. Cette "montagne" aurait occupé l'emplacement du Temple, ce qui pourrait donner l'impression que la reconstruction du Temple serait impossible. Par cette vision, Dieu donnait l'assurance que la pierre principale, littéralement la pierre de tête, donc la pierre de fondation ou la pierre faîtière, serait posée. Le message de Dieu est clair : quelques soient les difficultés, le Temple serait achevé. Cette montagne pourrait aussi être, dans un sens figuré, une métaphore pour parler des différents obstacles à la restauration du Temple (Esdras 4.4, 5 - Aggée 1.2)

La pierre rejetée du Psaume 118.22 pourrait être en relation avec les difficultés rencontrées par les bâtisseurs lors de la reconstruction du Temple. Une sorte d'adage comme les premiers seront les derniers montrant le changement de destinée de la "pierre rejetée" lors de la restauration du Temple à l'époque perse. Aucun autre texte ne nous permet de savoir à quoi cette formule faisait référence lorsqu'elle a été écrite. 

d. Le Psaume 118 conclut le Hallel :

"Avec ce psaume s'ouvre la série des cantiques appelés par les Juifs Hallel (louanges). Ce sont les Psaumes 113 à 118. On les chantait lors des grandes fêtes, à la fête de Pâque en particulier ; les Psaumes 113 et 114 à l'entrée du repas, avant de faire circuler la deuxième coupe, les Psaumes 115-118 à la fin du repas, après la quatrième coupe." (Bible annotée volume 6 - Les Psaumes - page 300 - Editions Impact)

La délivrance évoquée dans le Psaume 118 est, dans la tradition juive, en lien étroit avec la délivrance de l'Egypte célébrée par la fête de Pâque. Le verset 14 du Psaume 118 : "L'Eternel est ma force et le sujet de mes louanges ; Il est devenu mon salut" est une citation du chant de victoire de Moïse chanté par les enfants d'Israël après la traversée de la mer (Exode 15.2) Une autre allusion à l'Exode est sans doute suggérée par l'expression "les tentes des justes" : "Des cris de triomphe et de salut s'élèvent dans les tentes des justes : La droite de l'Eternel manifeste sa puissance !" (Psaume 118.15)

3. La troisième mention de la pierre angulaire est dans les Evangiles :

"N'avez-vous pas lu cette parole de l'Ecriture : La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle" (Marc 12.10 ; cf. Matthieu 21.42 ; Luc 20.17)

Le contexte de cette citation chez Marc :

a. Jésus se rend à Jérusalem : Marc 11.27 à 12.12 :

"Ils se rendirent de nouveau à Jérusalem" (Marc 11.27)

b. Dans le Temple, Jésus est interrogé sur l'origine de son autorité :

"et, pendant que Jésus se promenait dans le temple, les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens, vinrent à lui, et lui dirent : Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t'a donné l'autorité de les faire ?" (Marc 11.27, 28)

c. Jésus répond par une question :

"Jésus leur répondit : Je vous adresserai aussi une question ; répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais ces choses. Le baptême de Jean venait-il du ciel, ou des hommes ? Répondez-moi. Mais ils raisonnèrent ainsi entre eux : Si nous répondons : Du ciel, il dira : Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui ?  Et si nous répondons : Des hommes... Ils craignaient le peuple, car tous tenaient réellement Jean pour un prophète.  Alors ils répondirent à Jésus : Nous ne savons. Et Jésus leur dit : Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses." (Marc 11.29-33)

d. Jésus parle en parabole :

1 "Jésus se mit ensuite à leur parler en paraboles. Un homme planta une vigne. Il l'entoura d'une haie, creusa un pressoir, et bâtit une tour ; puis il l'afferma à des vignerons, et quitta le pays. 2 Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour recevoir d'eux une part du produit de la vigne. 3  S'étant saisis de lui, ils le battirent, et le renvoyèrent à vide. 4 Il envoya de nouveau vers eux un autre serviteur ; ils le frappèrent à la tête, et l'outragèrent. 5 Il en envoya un troisième, qu'ils tuèrent ; puis plusieurs autres, qu'ils battirent ou tuèrent. 6 Il avait encore un fils bien-aimé ; il l'envoya vers eux le dernier, en disant : Ils auront du respect pour mon fils. 7 Mais ces vignerons dirent entre eux : Voici l'héritier ; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous. 8 Et ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. 9 Maintenant, que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et il donnera la vigne à d'autres." (Marc 12.1-9)

-À une autre occasion, Jésus traduit le message de sa parabole sur la vigne en langage clair et il termine par une citation du Psaume 118.26 :

 "Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu ! Voici, votre maison vous sera laissée déserte ; car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !" (Matthieu 23.37-39 ; Cf. Luc 13.34)

e. Jésus fait référence au Psaume 118.22 pour conclure sa parabole sur le rejet des envoyés de l'Eternel :

"N'avez-vous pas lu cette parole de l'Ecriture : La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle ; c'est par la volonté du Seigneur qu'elle l'est devenue, et c'est un prodige à nos yeux ? Ils cherchaient à se saisir de lui, mais ils craignaient la foule. Ils avaient compris que c'était pour eux que Jésus avait dit cette parabole. Et ils le quittèrent, et s'en allèrent." (Marc 12.10-12)

En citant les versets 22 et 23 du Psaume 118, Jésus souligne l'action positive de Dieu qui permet un changement de situation : de rejetée la pierre devient la principale de l'angle, de méprisée, elle est honorée : "c'est par la volonté du Seigneur qu'elle l'est devenue" ; œuvre de Dieu qui est "un prodige à nos yeux". Une œuvre étonnante et merveilleuse parce que Dieu va prendre celui qui est rejeté par les hommes pour en faire la pierre angulaire de l'édifice du salut.

Sans aucune équivoque possible, l'apôtre Pierre identifie celui qui est la pierre rejetée et qui devient la pierre angulaire du salut :

8 "Alors Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit : Chefs du peuple, et anciens d'Israël, 9 puisque nous sommes interrogés aujourd'hui sur un bienfait accordé à un homme malade, afin que nous disions comment il a été guéri, 10 sachez-le tous, et que tout le peuple d'Israël le sache ! C'est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c'est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous. 11 Jésus est la pierre rejetée par vous qui bâtissez, et qui est devenue la principale de l'angle. 12 Il n'y a de salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés." (Actes 4.8-12)

Ce n'est pas par hasard si Jésus avait cité cette parole du Psaume 118.22 dans le Temple de Jérusalem, car il savait très bien que la pierre dont il s'agissait était la pierre principale du Temple assurant à ce dernier une parfaite solidité. Toujours dans le Temple, Jésus a annoncé cette même réalité en utilisant une métaphore différente :

18  "Les Juifs, prenant la parole, lui dirent : Quel miracle nous montres-tu, pour agir de la sorte ? 19 Jésus leur répondit : Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. 20  Les Juifs dirent : Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras ! 21  Mais il parlait du temple de son corps. 22  C'est pourquoi, lorsqu'il fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu'il avait dit cela, et ils crurent à l'Ecriture et à la parole que Jésus avait dite." (Jean 2.18-22)

Pour répondre à la demande de miracle, Jésus a parlé de sa mort et de sa résurrection qui avait été annoncées symboliquement par la parole de l'Ecriture contenu dans le Psaume 118.22 où la pierre rejetée et méprisée devenait le fondement et l'aboutissement de l'édifice du salut afin de pouvoir sauver le peuple d'Israël et le reste de l'humanité selon l'enseignement donné par le Psaume 118.

-La traduction littérale du Psaume 118.22 : "La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la pierre de tête, celle de l'angle."

La pierre de tête était située à l'angle des murs, elle pouvait être en bas comme une fondation ou en haut pour assurer la solidité de l'ensemble à l'achèvement du bâtiment, ainsi, par le symbole de la pierre angulaire, la Parole de Dieu donne une plus grande force à la promesse du salut. Parce que le Temple annonçait la venue de Jésus, cette pierre du Temple est un symbole du salut offert par Dieu en Jésus bien qu'il fut rejeté et mis à mort, par sa résurrection il devient celui en qui nous pouvons obtenir le salut de Dieu. Ce renversement de situation est entièrement l'œuvre de Dieu qui était en Jésus-Christ pour réconcilier le monde avec lui-même :

"Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même en n'imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation." (2 Corinthiens 5.19)

 

B. La pierre d'achoppement :

1. Le prophète Esaïe qui était cité à propos de la pierre angulaire (Esaïe 28.16) annonce qu'il y aura aussi une pierre d'achoppement :

13 "C'est l'Eternel des armées que vous devez sanctifier, c'est lui que vous devez craindre et redouter. 14 Et il sera un sanctuaire, mais aussi une pierre d'achoppement, un rocher de scandale pour les deux maisons d'Israël, un filet et un piège pour les habitants de Jérusalem. 15 Plusieurs trébucheront ; ils tomberont et se briseront, ils seront enlacés et pris. 16 Enveloppe cet oracle, scelle cette révélation, parmi mes disciples." (Esaïe 8.13-16)

Dans cet oracle, on retrouve le Temple avec le mot "sanctuaire" qui est le symbole lié aux thèmes de la délivrance et du salut. Cette fois la pierre est une pierre d'achoppement qui est capable de faire trébucher ou tomber jusqu'à briser ceux qui tombent dessus. Un nouveau renversement de situation semble se profiler.

2. Jésus relie la pierre angulaire à la pierre d'achoppement de l'oracle d'Esaïe montrant qu'il s'agit d'une seule et même pierre :

17 "Mais, jetant les regards sur eux, Jésus dit : Que signifie donc ce qui est écrit : La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle ? 18  Quiconque tombera sur cette pierre s'y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé." (Luc 20.17,18)

3. L'apôtre Paul fait de même en mélangeant les deux citations d'Esaïe, celle du chapitre 28.16 et celle du chapitre 8.14 confirmant que la pierre angulaire et la pierre d'achoppement sont une seule et même pierre :

"Ils se sont heurtés contre la pierre d'achoppement, selon qu'il est écrit : Voici, je mets en Sion une pierre d'achoppement et un rocher de scandale, et celui qui croit en lui ne sera point confus." (Romains 9.32-33)

4. L'apôtre Pierre explique la raison pour laquelle la pierre angulaire, symbole de salut se transforme en pierre d'achoppement :

6  "Car il est dit dans l'Ecriture : Voici, je mets en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse ; et celui qui croit en elle ne sera point confus. 7  L'honneur est donc pour vous, qui croyez. Mais, pour les incrédules, la pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle, et une pierre d'achoppement et un rocher de scandale  8  ils s'y heurtent pour n'avoir pas cru à la parole." (1 Pierre 2.6-8) 

Pour celui qui refuse de croire dans la Parole de Dieu, la pierre angulaire précieuse symbolisant la délivrance et le salut, devient une pierre d'achoppement qui détruira celui sur qui elle tombera, d'après les paroles de Jésus dans Luc 20.18

- L'enseignement majeur donné par l'ensemble des textes bibliques sur la pierre du Temple est de nous dire que Jésus est au centre même de notre relation de foi avec Dieu. Accepter Jésus et croire en lui nous permet d'être mis au bénéfice du salut ; ne pas croire en lui nous expose à la destruction définitive.

5. Cette destruction aura lieu quand Dieu installera son royaume sur la terre comme Il l'a annoncé par le symbolisme d'une autre pierre dans le livre du prophète Daniel. Cette pierre détruira tous les royaumes terrestres symbolisés par une statue faite de plusieurs métaux et d'argile :

44 "Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d'un autre peuple ; il brisera et détruira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement. 45  C'est ce qu'indique la pierre que tu as vue se détacher de la montagne sans le secours d'aucune main, et qui a brisé le fer, l'airain, l'argile, l'argent et l'or. Le grand Dieu a fait connaître au roi ce qui doit arriver après cela. Le songe est véritable, et son explication est certaine." (Daniel 2.44, 45)

 

II. Le rocher d'Horeb :

1. L'eau sortant du rocher d'Horeb :

5  "L'Eternel dit à Moïse : Passe devant le peuple, et prends avec toi des anciens d'Israël ; prends aussi dans ta main ta verge avec laquelle tu as frappé le fleuve, et marche ! 6  Voici, je me tiendrai devant toi sur le rocher d'Horeb ; tu frapperas le rocher, et il en sortira de l'eau, et le peuple boira. Et Moïse fit ainsi, aux yeux des anciens d'Israël. 7  Il donna à ce lieu le nom de Massa et Meriba, parce que les enfants d'Israël avaient contesté, et parce qu'ils avaient tenté l'Eternel, en disant : L'Eternel est-il au milieu de nous, ou n'y est-il pas ?" (Exode 17.5-7)

- Le texte biblique atteste que Dieu était présent sur le rocher : "je me tiendrai devant toi sur le rocher d'Horeb", le peuple s'interrogeait pour savoir si Dieu était présent parmi eux en disant : "L'Eternel est-il au milieu de nous, ou n'y est-il pas ?" 

2. L'apôtre Paul faisant allusion à cet événement déclare que c'était le Christ qui conduisait le peuple d'Israël dans le désert et lui donnait à boire :

"Ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ." (1 Corinthiens 10.4)

- Pour Paul le rocher d'Horeb était une manifestation de la présence du Christ préexistant auprès de son peuple.

- Le texte de l'Exode affirme pourtant que Dieu était présent sur le rocher. Si Paul donne cette interprétation c'est qu'il est convaincu de deux choses :

1° Les apparitions de Dieu avant la venue de Jésus, ce que l'on appelle "théophanie", sont toutes des manifestations du Christ préexistant. (Exemples de théophanie : l'ange de l'Eternel intervenant lors du sacrifice d'Isaac (Genèse 22.11, 15) ; l'ange de l'Eternel dans le buisson ardent s'adressant à Moïse (Exode 3.2) 

2° Le Christ est Dieu, c'est sa nature, comme il l'affirme dans Colossiens 2.9 : "Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité."

- Les autres auteurs de la Bible attestent également de la préexistence et de la divinité du Christ :

"Et toi, Bethléhem Ephrata, petite entre les milliers de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, et dont les activités remontent aux temps anciens, aux jours de l'éternité." (Michée 5.2)  

"C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, voici que la jeune fille est enceinte, elle enfantera un fils et lui donnera le nom d'Emmanuel." (Esaïe 7.14) Emmanuel signifie Dieu avec nous.

"Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule ; on l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix." (Esaïe 9.6) 

"Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu." (Jean 1.1)"Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père." (Jean 1.14)

Jésus est au centre de la relation de foi entre Dieu et nous. Nous devons suivre les traces de Thomas pour accepter Jésus en tant que Dieu. Thomas, l'incrédule a fait ce saut de la foi :

24  Thomas, appelé Didyme, l'un des douze, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. 25  Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. 26 Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d'eux, et dit : La paix soit avec vous ! 27  Puis il dit à Thomas : Avance ici ton doigt, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois. 28  Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : 29  Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru !" (Jean 20.24-29)

 

III. Dieu change les situations :

La pierre rejetée devient la pierre principale de l'édifice du salut... Le rocher se transforme en source désaltérante...

Dieu renverse les situations, c'est son projet pour l'humanité toute entière, un projet de délivrance et de salut. Ce projet, Dieu le met en place par l'œuvre accomplie par Jésus, le Messie (le Christ) :

16 "Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, 17  et on lui remit le livre du prophète Esaïe. L'ayant déroulé, il trouva l'endroit où il était écrit : 18 L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé 19 pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. 20  Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s'assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui. 21  Alors il commença à leur dire : Aujourd'hui cette parole de l'Ecriture, que vous venez d'entendre, est accomplie." (Luc 4.16-21)

Le Psaume 118 annonce, plusieurs siècles à l'avance, l'expérience douloureuse par laquelle le Messie devra passer pour offrir le salut à l'humanité entière. Deux versets de ce psaume nous invitent à réfléchir sur qui nous pouvons compter pour notre foi :

"Mieux vaut chercher un refuge en l'Eternel que de se confier à l'homme ; mieux vaut chercher un refuge en l'Eternel que de se confier aux grands." (Psaume 118.8, 9)

L'amour de Dieu est éternel, il demeure immuable, on peut compter sur lui : "Louez le Seigneur, car il est bon et son amour n'a pas de fin." (Psaume 118.29 BFC)

Il suffit d'accepter Jésus comme celui qui est la pierre angulaire du salut de Dieu pour que Dieu puisse renverser le cours de notre existence en nous permettant de vivre une vie transformée et régénérée.

 

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