Un agneau, du pain et du vin
Ces trois mots : « agneau », « pain » et « vin » nous immergent dans le monde biblique. Ce vocabulaire familier pour les Israélites représente ce qui était vital pour eux. Ils cultivaient le blé et la vigne. Ils vivaient aussi de l'élevage, principalement, de moutons et de chèvres.

Les Hébreux se nourrissaient des produits de leurs troupeaux (lait frais ou caillé, crème, parfois de la viande). Ils utilisaient la laine et les peaux pour confectionner des étoffes, des vêtements et des tentes.

L'association des mots « pain » et « vin » est employée dans la Bible pour évoquer toute la production agricole du pays. Cette formulation lapidaire était utilisée pour évoquer à la fois toute la nourriture ordinaire et habituelle de ce peuple et tout ce qu'il buvait.
La Bible a utilisé ces trois éléments indispensables à la vie quotidienne comme des symboles d'une grande valeur spirituelle qui ont du sens pour nous aujourd'hui.

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Résumé de la conférence

Un agneau, du pain et du vin

Ces trois mots : « agneau », « pain » et « vin » nous immergent dans le monde biblique. Ce vocabulaire familier pour les Israélites représente ce qui était vital pour eux. Ils cultivaient le blé et la vigne. Ils vivaient aussi de l’élevage, principalement, de moutons et de chèvres.

Les Hébreux se nourrissaient des produits de leurs troupeaux (lait frais ou caillé, crème, parfois de la viande). Ils utilisaient la laine et les peaux pour confectionner des étoffes, des vêtements et des tentes.

L’association des mots « pain » et « vin » est employée dans la Bible pour évoquer toute la production agricole du pays. Cette formulation lapidaire était utilisée pour évoquer à la fois toute la nourriture ordinaire et habituelle de ce peuple et tout ce qu’il buvait. Voici quelques exemples de l’emploi de cette formule : Nous avons cependant de la paille et du fourrage pour nos ânes ; nous avons aussi du pain et du vin pour moi, pour ta servante, et pour le garçon qui est avec tes serviteurs. Il ne nous manque rien (Juges 19.19).

Va, mange avec joie ton pain, et bois gaiement ton vin ; car dès longtemps Dieu prend plaisir à ce que tu fais (Ecclésiaste 9.7).

Car Jean-Baptiste est venu, ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites : Il a un démon (Luc 7.33).

Cette formulation est tellement courante qu’elle a parfois un sens figuré : Car c’est le pain de la méchanceté qu’ils mangent, c’est le vin de la violence qu’ils boivent (Proverbes 4.17).

Dans la Bible, il n’y a pas de frontière entre la vie ordinaire, matérielle, et la vie religieuse, spirituelle. Les éléments les plus courants de la vie ordinaire sont utilisés pour symboliser des valeurs religieuses et spirituelles.

I. L’agneau :

Dans les pratiques religieuses du peuple d’Israël, les sacrifices des animaux étaient très nombreux, tout particulièrement les sacrifices des agneaux.

  1. La vision de l’agneau :

Dans la Bible, la première fois que le mot « agneau » est employé en relation avec sacrifice, c’est lorsque Dieu a demandé au patriarche Abraham d’offrir son fils, Isaac, en holocauste. Isaac posa cette question à son père : Voici le feu et le bois ; mais où est l’agneau pour l’holocauste ? (Genèse 22.7). Abraham lui répondit : Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l’agneau pour l’holocauste. Et ils marchèrent tous deux ensemble (Genèse 22.8).

La traduction œcuménique de la Bible, plus proche de l’original hébreu, nous introduit dans une vision : Dieu saura voir l’agneau pour l’holocauste, mon fils (Genèse 22.8 – TOB).

La traduction d’André Chouraqui, encore plus littérale, confirme cette vision : Elohîm verra pour lui l’agneau de la montée, mon fils (Genèse 22.8 – Traduction Chouraqui).

Cette traduction renforce l’idée que dans la Bible, l’agneau du sacrifice est en rapport direct avec Dieu. Ce texte n’est pas le premier de la Genèse à mentionner le sacrifice d’un agneau. Déjà, Abel avait offert des agneaux (Genèse 4.4) mais l’auteur du livre de la Genèse a utilisé une autre expression « les premiers nés de son troupeau », pour désigner les animaux offerts en sacrifice voulant, sans doute, réserver le premier emploi du mot « agneau » dans le contexte du sacrifice d’Isaac. Lorsqu’Abraham déclare que « Dieu saura voir l’agneau pour l’holocauste » (Genèse 22.8), il prophétise que l’agneau du sacrifice, c’est avant tout l’affaire de Dieu.

  1. L’agneau de la libération pascale :

3 Parlez à toute l’assemblée d’Israël, et dites : Le dixième jour de ce mois, on prendra un agneau pour chaque famille, un agneau pour chaque maison. 5 Ce sera un agneau sans défaut, mâle, âgé d’un an ; vous pourrez prendre un agneau ou un chevreau (Exode 12.3, 5).

Quelques remarques à propos de l’agneau pascal :

  • Il s’agit d’un sacrifice :
    • Le sang de l’animal devait servir de signe et de protection (Exode 12.7). De signe, pour reconnaître ceux qui placeraient leur confiance en Dieu ; de protection, contre le jugement que Dieu a exercé sur l’Égypte (Exode 12.12, 13).
    • L’animal devait être entièrement mangé ou brûlé (Exode 12. 8-12).
    • Dieu appelle le sacrifice de Pâque : « mon sacrifice » ; « ma victime » : Tu n’offriras pas le sang de mon sacrifice avec du pain levé, et le sacrifice de la Pâque ne passera pas la nuit jusqu’au matin (Exode 34.25 – version Darby). La version du Rabbinat français traduit « ma victime ».
  • Le sacrifice de Pâque était associé à l’intervention de Dieu pour la délivrance du peuple hébreu afin qu’il retrouve la liberté. « Pessah » (Pâque) est un mot hébreu dont la traduction est « passage ». Après le « passage » de Dieu sur l’Égypte, le peuple d’Israël a retrouvé la liberté.
  1. L’agneau pour les sacrifices du temple :

L’agneau n’était pas le seul animal à être offert en sacrifice, mais c’était celui qui était le plus souvent sacrifié dans les rituels du temple comme l’indique la liste ci-dessous :

  • Chaque jour, deux agneaux étaient offerts en holocauste perpétuel : le premier le matin, le second le soir (Exode 29.39-41).
  • Le jour du sabbat, deux agneaux étaient offerts le matin et deux autres le soir (Nombres 29.9).
  • Sept agneaux mâles d’un an étaient offerts en sacrifice lors des solennités mentionnées ci-après :
    • Le premier jour de chaque mois (Nombres 28.11).
    • Les sept jours suivant la Pâque (Nombres 28.16, 19).
    • Le jour de la fête des semaines appelée aussi Pentecôte (Nombres 28.26, 27).
    • Le jour de la fête des trompettes (Nombres 29.1, 2).
    • Le jour de la fête des expiations (Nombres 29.7, 8).

Lors de ces fêtes, un ou deux taureaux et un bélier étaient offerts en sacrifice auxquels venait s’ajouter un bouc durant la fête des expiations.

  • Pour la fête des tabernacles, quatorze agneaux étaient offerts en holocauste pendant les sept premiers jours de la fête. Le 8e jour de la fête, il fallait offrir sept agneaux. Des taureaux, des béliers et des boucs étaient sacrifiés lors de la fête des tabernacles mais pas autant que les agneaux.
  • Des agneaux étaient aussi offerts pour des holocaustes avec d’autres animaux en différentes occasions :
    • Pour l’entrée en fonction des sacrificateurs (Lévitique 9.3).
    • Pour la fête de la première gerbe (Lévitique 23.12).
    • Pour l’holocauste marquant la fin du temps de consécration d’un naziréen (Nombres 6.14).
    • Pour la dédicace de l’autel (Nombres 7.15).
  • Un agneau femelle pouvait être offert en sacrifice d’expiation pour les gens du peuple (Lévitique 4.27, 32).
  • Un agneau pouvait être offert en sacrifice d’action de grâce (Lévitique 3.6, 7).
  1. Le serviteur de l’Éternel souffrirait comme un agneau :

52/13 Voici, mon serviteur prospérera ; il montera, il s’élèvera, il s’élèvera bien haut. 14 De même qu’il a été pour plusieurs un sujet d’effroi, – tant son visage était défiguré, tant son aspect différait de celui des fils de l’homme, – 15 de même il sera pour beaucoup de peuples un sujet de joie ; devant lui des rois fermeront la bouche ; car ils verront ce qui ne leur avait point été raconté, ils apprendront ce qu’ils n’avaient point entendu. 53/1 Qui a cru à ce qui nous était annoncé ? Qui a reconnu le bras de l’Éternel ? 2 Il s’est élevé devant lui comme une faible plante, comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée ; il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et son aspect n’avait rien pour nous plaire. 3 Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui dont on détourne le visage, nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas. 4 Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié. 5 Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. 6 Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie ; et l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. 7 Il a été maltraité et opprimé, et il n’a point ouvert la bouche, semblable à un agneau qu’on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent ; il n’a point ouvert la bouche. 8 Il a été enlevé par l’angoisse et le châtiment ; et parmi ceux de sa génération, qui a cru qu’il était retranché de la terre des vivants et frappé pour les péchés de mon peuple ? 9 On a mis son sépulcre parmi les méchants, son tombeau avec le riche, quoiqu’il n’ait point commis de violence et qu’il n’y ait point de fraude dans sa bouche. 10 Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance […] Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, il verra une postérité et prolongera ses jours ; et l’œuvre de l’Éternel prospérera entre ses mains. 11 À cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards ; par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes, et il se chargera de leurs iniquités. 12 C’est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands ; il partagera le butin avec les puissants, parce qu’il s’est livré lui-même à la mort, et qu’il a été mis au nombre des malfaiteurs, parce qu’il a porté les péchés de beaucoup d’hommes, et qu’il a intercédé pour les coupables (Ésaïe 52.13 – 53.12).

Dans ce texte prophétique, Ésaïe, vivant au 8e siècle avant notre ère, a décrit l’expérience que vivra le serviteur de l’Éternel :

  • Il aura un brillant avenir (Ésaïe 52.13).
  • Il sera une source de joie pour beaucoup de peuples (Ésaïe 52.15).
  • Il agira pour l’Éternel (Ésaïe 53.1).
  • Il sera méprisé, abandonné et dédaigné (Ésaïe 53.3).
  • Il portera nos souffrances et nos douleurs (Ésaïe 53.4).
  • Il sera considéré comme puni par Dieu (Ésaïe 53.4).
  • Il sera blessé et brisé à cause du mal que nous faisons (Ésaïe 53.5).
  • Il prendra sur lui les conséquences de nos fautes pour que nous ayons la paix et la guérison (Ésaïe 53.5, 8, 12).
  • Pour que nous soyons justifiés, c’est-à-dire considérés comme si nous n’avions jamais péché, Dieu acceptera que nos fautes retombent sur lui (Ésaïe 53. 6, 11, 12).
  • Le prophète compare le serviteur à un agneau (et à une brebis : Ésaïe 53.7) parce que ces animaux sont d’un caractère doux et patient. Ne dit-on pas « doux comme un agneau » ? L’agneau et la brebis étaient les symboles de l’humilité et de la soumission.

Cette prophétie nous amène à comprendre que, lorsqu’un agneau était offert en sacrifice lors des rites permettant d’obtenir le pardon et la délivrance, cet agneau symbolisait et annonçait celui que le prophète a nommé le « serviteur de l’Éternel ». Ce serviteur, appelé ailleurs le Messie, apportera une solution définitive au problème du péché en prenant sur lui les péchés des hommes pour qu’ils en soient délivrés.

II. Le pain et le vin :

  1. Abraham et « le pain et le vin » :

Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était sacrificateur du Dieu Très-Haut. Il bénit Abram, et dit : Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre ! Béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains ! Et Abram lui donna la dîme de tout (Genèse 14.18-20).

Cette rencontre entre Melchisédek et Abram/Abraham est très surprenante. Elle reste mystérieuse. Melchisédek surgit subitement dans la vie d’Abram/Abraham. Il n’apparaît que cette unique fois dans toute l’histoire des patriarches. Tout ce que l’on connaît de lui est mentionné dans ces trois versets.

L’élément dominant de ce court passage est la bénédiction. Melchisédek bénit Abram/Abraham et il bénit Dieu pour la victoire qu’il a accordée à Abram/Abraham.  Deux fois dans l’histoire d’Abraham, rapportée par le texte de la Genèse, il est écrit que Dieu bénira Abram/Abraham :

  • La première fois lorsque Dieu lui demanda de quitter son pays, sa patrie, la maison de son père pour aller vers le pays qu’il lui ferait voir : Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai (Genèse 12.2).
  • La seconde fois lorsque qu’Abraham a accepté de sacrifier son fils à la demande de Dieu : Je le jure par moi-même, parole de l’Éternel ! parce que tu as fait cela, et que tu n’as pas refusé ton fils, ton unique, je te bénirai (Genèse 22.16, 17).

À chaque fois, l’auteur du livre de la Genèse emploie un futur pour annoncer cette bénédiction, la première fois il s’agit d’une promesse, pour la seconde, Dieu prête serment ; mais le texte biblique ne dit jamais qu’Abraham a finalement reçu cette bénédiction annoncée.

Éliézer, le serviteur d’Abraham, a bien fait cette déclaration : L’Éternel a comblé de bénédictions mon seigneur, qui est devenu puissant. Il lui a donné des brebis et des bœufs, de l’argent et de l’or, des serviteurs et des servantes, des chameaux et des ânes (Genèse 24.35). Les bénédictions mentionnées ici, bien qu’immédiates, sont purement matérielles. Lorsque Dieu promet la bénédiction à Abraham, il l’associe toujours à la bénédiction de l’humanité entière :

  • Je te bénirai […] tu seras une source de bénédiction […] et toutes les familles de la terre seront bénies en toi (Genèse 12. 2, 3).
  • Je te bénirai et je multiplierai ta postérité […] Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité (Genèse 22. 17, 18).

Notons au passage l’évolution entre la promesse et le serment : l’humanité sera d’abord bénie en Abraham puis en sa postérité. On peut comprendre que la véritable bénédiction promise à Abraham mettra longtemps à devenir effective parce qu’elle n’est pas une bénédiction immédiate et matérielle. Elle est d’un autre ordre ! L’auteur de l’épître aux Hébreux apporte un commentaire intéressant à propos d’Abraham et des hommes de foi, tels Abel, Hénoc, Noé qui l’ont précédé : C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin (Hébreux 11.13). La bénédiction promise à Abraham fait partie des « choses promises » qu’il n’a pas obtenu avant sa mort.

Cependant, Abram/Abraham a été béni dans le temps présent, lors de sa rencontre avec Melchisédek : Il bénit Abram, et dit : Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre ! (Genèse 14.19).

Qui est Melchisédek pour pouvoir bénir Abram/Abraham immédiatement ?

Le texte (Genèse 14.18) indique plusieurs précisions quant au statut de Melchisédek. Retenons pour le moment qu’il était « sacrificateur du Dieu Très-Haut ». Dans la Bible, le sacrificateur est celui qui représente Dieu auprès des hommes et qui représente les hommes auprès de Dieu. Ses activités principales consistaient à offrir des sacrifices et à officier lorsque les gens du peuple offraient des sacrifices.

Dans ce texte, Melchisédek n’offre pas de sacrifice, ce à quoi on aurait pu s’attendre étant donné sa fonction. Il est précisé qu’il apporte du pain et du vin. Est-ce que le pain et le vin étaient en relation avec un sacrifice ? Le texte ne le dit pas.

Un dernier détail : Et Abram lui donna la dîme de tout (Genèse 14.20). En donnant la dîme à Melchisédek, Abram/Abraham a accepté son sacerdoce. Il reconnaît que Melchisédek a une fonction plus grande que la sienne. Le pain et le vin offerts par Melchisédek sont-ils des symboles préfigurant ce que la postérité d’Abraham fera pour que Dieu puisse bénir Abraham et l’humanité entière ?

Cette rencontre entre Melchisédek et Abram/Abraham nous enseigne que Dieu avait besoin d’un intermédiaire entre lui et Abraham pour qu’il puisse bénir Abraham et toute l’humanité. Cet intermédiaire devait être sacrificateur et roi, comme Melchisédek. Le pain et le vin seraient en relation avec ce que cet intermédiaire accomplira pour que cette bénédiction devienne vraiment effective.

Après avoir jugé les villes de Sodome et de Gomorrhe, Dieu décida de les détruire. Il dit alors : Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ? (Genèse 18.17). Abraham était l’ami de Dieu : Écoute, Israël, mon serviteur, peuple de Jacob que j’ai choisi, race de mon ami Abraham (Ésaïe 41.8 – BFC – Cf. Jacques 2.23). Si Dieu n’a pas voulu cacher à Abraham le sort réservé à ces deux villes perverties, on peut penser que Dieu révéla aussi à Abraham, par le détail, comment il pourrait bénir toutes les familles de la terre. C’est sans doute ce qu’il fit par l’intermédiaire de Melchisédek qui apporta du pain et du vin. Nous n’avons pas terminé nos réflexions à propos de Melchisédek, nous y reviendrons plus loin dans cette étude.

  1. Le pain et le vin dans le sacrifice pascal :
    • Le pain :

Ce sera un agneau sans défaut, mâle, âgé d’un an […] Cette même nuit, on en mangera la chair, rôtie au feu ; on la mangera avec des pains sans levain et des herbes amères (Exode 12.5, 8).

  • La symbolique du pain :

Pendant le séjour des enfants d’Israël au désert, Dieu a nourri son peuple avec un pain venu du ciel : la manne. Ce don de Dieu pendant quarante ans devait permettre au peuple d’apprendre que le pain était le symbole de la Parole de Dieu dont il dépendait pour vivre : Souviens-toi de tout le chemin que l’Éternel, ton Dieu, t’a fait faire pendant ces quarante années dans le désert, afin de t’humilier et de t’éprouver, pour savoir quelles étaient les dispositions de ton cœur et si tu garderais ou non ses commandements. Il t’a humilié, il t’a fait souffrir de la faim, et il t’a nourri de la manne, que tu ne connaissais pas et que n’avaient pas connue tes pères, afin de t’apprendre que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais que l’homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l’Éternel (Deutéronome 8.2, 3).

  • La symbolique du levain :

Célébrons donc la fête, non avec du vieux levain, non avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec les pains sans levain de la pureté et de la vérité (1 Corinthiens 5.8).

  • Le vin :

Dans la première célébration de la Pâque, lors de la sortie d’Égypte, le texte biblique ne mentionne pas l’usage du vin. Ce n’est que plus tard que la coutume d’associer quatre coupes de vin au repas pascal fut introduite. Cette tradition était bien établie à l’époque de Jésus. Luc mentionne deux de ces coupes lorsque Jésus célébra la Pâque avec ses disciples : Luc 22. 17-20.

Symboliquement, les pains sans levain représentent donc la Parole de Dieu qui n’a pas été contaminée par le levain du péché. Depuis la bénédiction messianique prononcée par Jacob pour son fils Juda, le vin est le symbole du sang : Le sceptre ne s’éloignera point de Juda, ni le bâton souverain d’entre ses pieds, jusqu’à ce que vienne le Schilo, et que les peuples lui obéissent. Il attache à la vigne son âne, et au meilleur cep le petit de son ânesse ; il lave dans le vin son vêtement, et dans le sang des raisins son manteau (Genèse 49.10-11).

Dans le rituel pascal, le pain et le vin préfiguraient que le sacrifice de Pâque serait en relation avec la Parole de Dieu exempte de péché et l’effusion de sang.

  1. Le pain et le vin dans le temple :
    • Le pain :

Tu mettras sur la table les pains de proposition continuellement devant ma face (Exode 25.30). Ces pains, au nombre de 12, devaient servir de nourriture aux sacrificateurs : Chaque jour de sabbat, on rangera ces pains devant l’Éternel, continuellement : c’est une alliance perpétuelle qu’observeront les enfants d’Israël. Ils appartiendront à Aaron et à ses fils, et ils les mangeront dans un lieu saint ; car ce sera pour eux une chose très sainte, une part des offrandes consumées par le feu devant l’Éternel. C’est une loi perpétuelle (Lévitique 24.8, 9).

Les pains du temple devaient être mangés par les sacrificateurs dans un lieu saint, ce qui conférait à ces pains un caractère sacré et religieux. Nous pouvons en déduire qu’ils étaient le symbole de la Parole de Dieu. D’après Flavius Josèphe ces pains étaient sans levain.

o Les coupes pour les libations de vin :

Des coupes étaient disposées à côté des pains : Ils étendront un drap bleu sur la table des pains de proposition, et ils mettront dessus les plats, les coupes, les tasses et les calices pour les libations ; le pain y sera toujours (Nombres 4.7).

Les coupes servaient à la libation de vin accompagnant les sacrifices : La libation sera d’un quart de hin pour chaque agneau : c’est dans le lieu saint que tu feras la libation de vin à l’Éternel (Nombres 28.7 ; voir aussi Exode 30.9).

Dans la Bible, les coupes représentent la colère de Dieu, c’est-à-dire sa désapprobation du mal et donc la menace du jugement pour l’éliminer : Car ainsi m’a parlé l’Éternel, le Dieu d’Israël : Prends de ma main cette coupe remplie du vin de ma colère, et fais-la boire à toutes les nations vers lesquelles je t’enverrai (Jérémie 25.15 ; voir aussi Apocalypse14.9, 10).

Dans le temple, l’association du pain, symbole de la Parole de Dieu, et des coupes, rappelant la menace du jugement et de la mort puisque le vin était répandu sur les agneaux sacrifiés, permettait d’illustrer que le péché conduirait inéluctablement à la mort. Souvenons-nous que le péché est une forme de rébellion contre la Parole de Dieu. Pécher revient donc à éliminer Dieu de notre vie qui est la seule source de la vie c’est la raison pour laquelle le péché mène inévitablement à la mort. Le livre du prophète Ézéchiel et la lettre écrite par Paul aux chrétiens de Rome, rappellent que la mort est la conséquence du péché : Voici : toutes les âmes sont à moi ; l’âme du fils comme l’âme du père, l’une et l’autre sont à moi ; l’âme qui pèche est celle qui mourra (Ézéchiel 18.4).

C’est pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a passé sur tous les hommes, parce que tous ont péché (Romains 5.12).

III. L’agneau de Dieu :

Ce chapitre et le suivant nous permettront de voir comment les écrits du Nouveau Testament font un lien entre Jésus et les symboles de l’agneau, du pain et du vin présentés dans les écrits de l’Ancien Testament.

Lorsque Jean-Baptiste vit Jésus, il fit cette déclaration : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde (Jean 1.29).

Comme tous les prophètes, Jean-Baptiste avait probablement étudié et sondé les Écritures en attendant celui pour lequel il devait préparer le chemin. Voici ce qu’il disait de sa mission : Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit Ésaïe, le prophète (Jean 1.23).

La déclaration de Jean-Baptiste faisant de Jésus « l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » s’appuie sur quatre passages des Écritures :

  • La vision de l’agneau lorsque Dieu a demandé à Abraham de sacrifier son fils, Isaac.
  • L’agneau pascal de la libération d’Égypte.
  • Les agneaux sacrifiés au temple en différentes occasions.
  • La prophétie d’Ésaïe sur le serviteur de l’Éternel, comparé à un agneau, qui doit porter le péché du monde.
  1. La vision de l’agneau lorsque Dieu a demandé à Abraham de sacrifier son fils, Isaac.

Jésus a prononcé une parole qui a bien surpris ses interlocuteurs alors qu’ils lui demandaient s’il était plus grand qu’Abraham : Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort ? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être ? Jésus répondit : […] Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour : il l’a vu, et il s’est réjoui. Les Juifs lui dirent : Tu n’as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis (Jean 8.53, 56-58).

Pour entrer dans tous les détails sur cette rencontre entre Jésus et Abraham, il faudrait faire une étude approfondie du chapitre 22 du livre de la Genèse où le récit du sacrifice d’Isaac est relaté. Nous retiendrons seulement dans cette étude la réponse faite par Abraham à propos de l’agneau : Elohîm verra pour lui l’agneau (Genèse 22.8 – Traduction Chouraqui).

Jésus a déclaré formellement qu’Abraham a vu « mon jour » et ce jour ne peut être que celui où, comme un agneau, Jésus a donné sa vie pour sauver le monde de ses péchés. Rappelons la dimension universelle de la promesse faite à Abraham : Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité (Genèse 22.18).  Jésus est bien cette postérité d’Abraham par qui toutes les nations de la terre seront bénies. L’évangéliste Matthieu rapporte dans la généalogie de Jésus qu’il est descendant d’Abraham (Matthieu 1.1).

D’après Jésus, Abraham et lui se sont rencontrés. La présence du « messager du Seigneur » lors du sacrifice d’Isaac atteste de la présence de Jésus auprès d’Abraham ce jour-là. En effet, les apparitions du « messager du Seigneur » sont des théophanies pendant lesquelles Jésus apparaît aux humains dans les récits de l’Ancien Testament (voir les études « Le messager du Seigneur » dans la série d’études « Jésus dans les textes de l’Ancien Testament »). La rencontre entre Melchisédek et Abraham est certainement une autre de ces rencontres. Nous verrons cela un peu plus loin.

  1. L’agneau pascal de la libération d’Égypte :

Il suffit de citer une seule déclaration du Nouveau Testament pour nous convaincre que Jésus est vraiment l’agneau pascal apportant une libération totale du péché : Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé (1 Corinthiens 5.7).

  1. Les agneaux sacrifiés au temple en différentes occasions :

L’apôtre Pierre a clairement établi le lien entre l’agneau des sacrifices et la personne de Jésus : 18 Vous savez que ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou de l’or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous aviez héritée de vos pères, 19  mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache ; 20  prédestiné avant la fondation du monde, il fut manifesté à la fin des temps, à cause de vous ; 21  par lui, vous croyez en Dieu qui l’a ressuscité des morts et lui a donné la gloire, en sorte que votre foi et votre espérance reposent sur Dieu (1 Pierre 1.18-21).

  1. La prophétie d’Ésaïe sur le serviteur de l’Éternel qui est comparé à un agneau portant le péché du monde a été expliquée par Philippe pour qui cette prophétie trouve son accomplissement dans la bonne nouvelle de Jésus :

 30 Philippe accourut, et entendit l’Éthiopien qui lisait le prophète Ésaïe. Il lui dit : Comprends-tu ce que tu lis ? 31 Il répondit : Comment le pourrais-je, si quelqu’un ne me guide ? Et il invita Philippe à monter et à s’asseoir avec lui. 32 Le passage de l’Écriture qu’il lisait était celui-ci : Il a été mené comme une brebis à la boucherie ; et, comme un agneau muet devant celui qui le tond, il n’a point ouvert la bouche. 33 Dans son humiliation, son jugement a été levé. Et sa postérité, qui la dépeindra ? Car sa vie a été retranchée de la terre. 34 L’eunuque dit à Philippe : Je te prie, de qui le prophète parle-t-il ainsi ? Est-ce de lui-même, ou de quelqu’un d’autre ? 35 Alors Philippe, ouvrant la bouche et commençant par ce passage, lui annonça la bonne nouvelle de Jésus (Actes 8.30-35).

IV. Le pain et le vin :

  1. La dernière Pâque :

Il leur dit : J’ai désiré vivement manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir, car, je vous le dis, je ne la mangerai plus, jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu (Luc 22.15).

Jésus le sait, sa mission touche à son terme. Les signes, les symboles et les prophéties qui annonçaient sa mort rédemptrice pour le salut de l’humanité entière se réalisent au travers de sa personne.

Les sacrifices seront abolis. Ils n’auront plus de raison d’être. En signe de rupture avec ce système cérémoniel, au moment où Jésus s’écriait : Tout est accompli (Jean 19.30), symboliquement le voile du temple se déchira : Mais Jésus, ayant poussé un grand cri, expira. Le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas (Marc 15.37-38).

  1. Institution d’un nouveau mémorial :

Avec ses disciples, lors de cette dernière Pâque, Jésus inaugura un nouveau mémorial : 23 Car j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné ; c’est que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, 24 et, après avoir rendu grâces, le rompit, et dit : Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. 25 De même, après avoir soupé, il prit la coupe, et dit : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez. 26 Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne (1 Corinthiens 11.23-26).

Jésus a rompu le pain, symbole de la Parole de Dieu, et il l’a donné à ses disciples en disant : « Ceci est mon corps qui est rompu pour vous ». Ensuite, Jésus a déclaré que la coupe de vin, symbole du jugement divin, serait désormais le signe d’une nouvelle alliance parce que lui allait mourir pour nous.

En participant à ce mémorial instauré par Jésus, en mangeant ce pain, chacun d’entre nous a la possibilité de recevoir pleinement Jésus dans sa vie ; en buvant cette coupe, nous pouvons sceller et renouveler l’alliance qu’il nous propose.

  1. Le sacerdoce de Melchisédek :

Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était sacrificateur du Dieu Très-Haut (Genèse 14.18).

Nous pouvons encore ajouter à ce texte déjà commenté plus haut, les points suivants :

o Melchisédek signifie « roi de justice ».

o Salem est le mot hébreu pour la paix, c’est aussi un des noms de Jérusalem.

o Un autre texte de la Bible mentionne Melchisédek : L’Éternel l’a juré et ne le regrettera pas : Tu es sacrificateur pour toujours, à la manière de Melchisédek (Psaumes 110.4).

o Zacharie, bien après l’apparition de Melchisédek, avait transmis la prophétie suivante : 12 Ainsi parle l’Éternel des armées : Voici, un homme, dont le nom est germe, germera dans son lieu, et bâtira le temple de l’Éternel. 13 Il bâtira le temple de l’Éternel ; il portera les insignes de la majesté ; il s’assiéra et dominera sur son trône, il sera sacrificateur sur son trône, et une parfaite union régnera entre l’un et l’autre (Zacharie 6.12-13). Cette prophétie messianique annonçait que le Messie, appelé ici « germe », serait à la fois roi et sacrificateur. Sa mission était de rétablir les relations entre Dieu et les hommes. Le rétablissement de ces relations est symbolisé par l’expression « il bâtira le temple de l’Éternel » mentionnée deux fois. Le temple était le lieu où les hommes pouvaient rencontrer Dieu.

Lorsque Melchisédek est apparu à Abraham, il était déjà tout un symbole. D’une manière typologique, il annonçait la venue du Messie, qui serait à la fois roi de justice parce qu’il apportera une vraie solution au problème du péché, roi de Salem parce qu’il établira la paix entre Dieu et l’humanité, sacrificateur parce qu’il continuera son œuvre pour l’humanité en intercédant pour elle : Et Christ ne s’est pas non plus attribué la gloire de devenir souverain sacrificateur, mais il la tient de celui qui lui a dit : Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui ! Comme il dit encore ailleurs : Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek (Hébreux 6.5, 6).

14 Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi que nous professons. 15 Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. 16 Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins (Hébreux 4.14-16).

24 Mais lui, parce qu’il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n’est pas transmissible. 25 C’est aussi pour cela qu’il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. 26 Il nous convenait, en effet, d’avoir un souverain sacrificateur comme lui, saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux, 27 qui n’a pas besoin, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple, car ceci il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même (Hébreux 7.24-27).

L’épître aux Hébreux nous enseigne très clairement que Jésus, et Jésus seul, peut pourvoir à notre salut par son intercession, parce que lui seul est sans péché.

Melchisédek, le sacrificateur, était venu sans faire de sacrifice mais il apportait avec lui le pain et le vin qui étaient les emblèmes du sacrifice de Jésus, comme si celui-ci était déjà accompli. Jésus nous a donné le pain et le vin, emblèmes de son corps et de l’alliance pour nous permettre, en les acceptant, de le recevoir pleinement, de sceller une alliance éternelle avec lui pour notre salut.

V. Un agneau, du pain et du vin

Nous avons pu constater à l’étude des différents textes bibliques se rapportant à l’agneau, au pain et au vin que ces trois éléments de la vie quotidienne des Hébreux ont été utilisés par Dieu et par les auteurs bibliques comme des symboles annonçant le salut que Dieu nous propose au travers du sacrifice de Jésus pour mettre fin au péché et à la mort.

En utilisant ces éléments qui étaient indispensables à la vie de chaque jour, Dieu nous invite à considérer le salut, non comme une espérance lointaine, mais comme une réalité à vivre chaque jour. Nous devons imiter Dieu sans mettre de frontière entre notre vie quotidienne, relationnelle et matérielle et la spiritualité qui est en chacun de nous car nous sommes des êtres spirituels par nature. Si nous ne sommes pas conscients de cette spiritualité qui est en nous, il faut s’adresser à Dieu pour lui demander de la réveiller.

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