La fête de Pâques est certainement une des fêtes les plus anciennes. On retrouve sa trace dans les sociétés qui vivaient au Moyen-Orient au deuxième millénaire avant notre ère.
Quels liens y a-t-il entre ces célébrations antiques et notre fête de Pâques telle que nous la connaissons aujourd'hui ?

La liberté à Pâques
La liberté à Pâques

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Résumé de la conférence

QU’ALLEZ-VOUS FAIRE À PÂQUES ?

PÂQUES, BIEN PLUS QU’UN JOUR FÉRIÉ

Le premier jour férié du printemps est le lundi de Pâques. Beaucoup de citadins profitent de ce long week-end pour quitter les villes afin de se détendre ou découvrir de nouveaux horizons.

Pourquoi le lundi qui suit le dimanche de Pâques est-il férié ? Plusieurs explications pourraient être données. Nous n’en retiendrons qu’une : l’événement célébré le dimanche de Pâques est tellement important que, dans le passé, il inaugurait une semaine spéciale appelée la semaine de Pâques. Pendant cette semaine, les chrétiens étaient invités à se remémorer et célébrer l’événement sur lequel est fondé leur foi et leur espérance : la résurrection de Jésus-Christ. Pour la France, lors du Concordat (1801), seul le lundi de cette semaine a été déclaré férié.

L’ORIGINE DE LA FÊTE DE PÂQUES

L’origine de Pâques est bien antérieure à Jésus-Christ puisque la première Pâque remonte plus de 1400 ans avant sa naissance. La fête chrétienne de Pâques tire son origine d’une fête juive appelée « la Pâque » qui commémore la libération des Hébreux. En effet, ils avaient été asservis par les Égyptiens et contraints à des travaux forcés.

La fête juive et la fête chrétienne portent le même nom : « pâque », qui est la transcription du mot hébreu « pessah » signifiant « passage » dans le sens « d’épargner » en relation avec la dixième plaie d’Égypte. Au cours des siècles, ce mot hébreu a subi des transformations car il a été successivement transcrit en araméen, en grec, en latin et en français. Au Moyen Âge, ce mot était utilisé parfois au singulier et parfois au pluriel. Finalement, après le 15e siècle, le singulier s’est imposé pour désigner la fête juive et le pluriel pour la fête chrétienne.

LA FÊTE DE LA LIBERTÉ RETROUVÉE

Lorsque les Hébreux s’installèrent en Égypte, ils jouissaient de la liberté 1. Alors que depuis longtemps déjà ils vivaient paisiblement en Égypte, une nouvelle dynastie de pharaons s’empara du pouvoir. Pour se protéger de leurs ennemis, ces pharaons entreprirent d’importantes constructions dans la région où habitaient les Hébreux qu’ils asservirent afin de les contraindre à des travaux forcés 2.

Les Hébreux crièrent à Dieu qui leur envoya Moïse pour les libérer de cette servitude 3. Grâce à l’intervention miraculeuse de Dieu, les Hébreux purent quitter l’Égypte et retrouver la liberté.

Pâques, c’est se remémorer que Dieu veut que nous soyons libérés de toutes les servitudes qui peuvent limiter notre liberté.

L’ASSERVISSEMENT DE L’HOMME

La Bible nous explique que, lorsque Dieu a créé les êtres humains, il a fait d’eux des êtres libres. Pour rester libres, les humains devaient faire confiance à Dieu et aimer. Cette liberté a été perdue lorsqu’ils ont commencé à douter que Dieu était un être bon. Ils ont commencé à ne regarder qu’à eux-mêmes, et l’égoïsme est devenu leur mode de vie, ce qui a donné naissance à la jalousie, à la haine et à la violence pour aboutir finalement à la mort 4.

La Bible donne un nom à ce processus : le péché. Étymologiquement, le mot péché signifie « manquer le but ». Dieu voulait que tous les humains vivent heureux. Manifestement, les hommes ont manqué ce but.

Jésus a fait cette déclaration à propos du péché : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui commet le péché est esclave du péché » 5. L’expérience humaine confirme cette parole de Jésus dans le sens où, une fois que nous avons manqué le bonheur que Dieu avait prévu pour nous, nous sommes comme des esclaves qui n’ont plus la possibilité de changer leur état par eux-mêmes.

Plus grave encore, l’apôtre Paul rappelle l’ultime conséquence de ce mode de vie : « Car le salaire du péché, c’est la mort » 6. Dieu avait prévu que l’être humain vive pour toujours. Mais le mode de vie choisi par les hommes les a conduits à la mort.

UN INNOCENT CONDAMNÉ À MORT

L’expérience que Jésus a vécue parmi les hommes a démontré que le mode de vie adopté par les humains n’était pas compatible avec la présence parmi eux d’un être ayant adopté le mode de vie initialement prévu par Dieu.

La Bible nous dit que Jésus était sans péché 7 et qu’il vivait en communion permanente avec Dieu 8. Jésus dérangeait. Son autorité naturelle, le bien qu’il faisait, les relations qu’il entretenait avec le peuple et sa popularité suscitaient la jalousie 9 des autorités en place qui décidèrent de le faire mourir.

Pour être effective, cette condamnation devait recevoir l’aval des autorités romaines. Jésus fut donc présenté au gouverneur romain Pilate. Au moment où Pilate cherchait à relâcher Jésus, sa femme lui fit parvenir le message suivant : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste ! Car aujourd’hui j’ai été tourmentée en rêve à cause de lui » 10.

Mais les accusateurs de Jésus exercèrent des pressions sur Pilate telles que celle-ci : « Si tu le relâches, tu n’es pas ami de César. Quiconque se fait roi se déclare contre César »11.

Pilate tenta de faire valoir le droit en posant cette question : « Quel mal a-t-il donc fait ? »12. Pour toute réponse, la foule cria : « Qu’il soit crucifié ! » 12.

Pour mettre fin à la révolte qui se préparait, « Pilate prit de l’eau et se lava les mains en présence de la foule, en disant : ‘Je suis innocent de ce sang. C’est votre affaire !’ Puis, il le livra pour qu’il soit crucifié » 13. Et pourtant Pilate reconnut publiquement que Jésus était innocent des crimes dont il était accusé lorsqu’il déclara : « Vous devez savoir que je ne trouve aucun chef d’accusation contre lui » 14.

LA PUISSANCE DU PÉCHÉ

Pâques, c’est se souvenir qu’en clouant Jésus sur une croix, les hommes ont fait la démonstration que la puissance du péché qu’ils laissent agir en eux conduit à la haine, à l’injustice, à la violence et à la mort. Cette puissance peut même inciter les êtres humains à condamner et à exécuter un innocent.

Ce que « le péché » a fait à Jésus, il cherche à le faire à tous les êtres humains lorsqu’ils le laissent agir en eux. Accepter ce message de Pâques, c’est manifester le désir que cet état de chose change pour que notre monde soit meilleur.

PLUS FORT QUE LA MORT

À l’instant où Jésus meurt sur la croix, la mort semble avoir triomphé. Mais ce n’est qu’une apparence, il n’en est rien. C’est elle, au contraire, qui est définitivement vaincue.

À la croix, le mode de vie choisi par Jésus triomphe de la haine, de la violence et de la mort ; non seulement pour lui, mais aussi pour toute l’humanité. Dans le très beau Cantique des cantiques, il est écrit : « L’amour est fort comme la mort » 15. Par son attitude, Jésus a confirmé cette déclaration. Plus, il a même démontré que l’amour est plus fort que la mort.

La mort de Jésus sur la croix n’est défaite qu’en apparence. En fait, c’est une victoire : la victoire de l’amour sur la haine, sur l’injustice, sur la violence et sur la mort. La veille de sa mort, Jésus avait dit à ses disciples : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » 16.

Il avait aussi dit : « Le Père m’aime parce que je me dessaisis de ma vie pour la reprendre ensuite. Personne ne me l’enlève mais je m’en dessaisis de moi-même ; j’ai le pouvoir de m’en dessaisir et j’ai le pouvoir de la reprendre » 17.

Pâques, c’est reconnaître que Jésus a accompli à la croix le plus grand acte d’amour qu’il soit possible d’exprimer. Ce don d’amour, il l’a fait pour chacun de nous.

Lorsque Jésus rend son dernier soupir, on a l’impression que la mort est victorieuse. Mais ce n’est qu’une illusion car le troisième jour après ces événements, alors que des femmes se rendent au sépulcre pour embaumer le corps de Jésus, voici deux hommes en vêtements éblouissants qui leur disent : « Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, mais il est ressuscité. Rappelez-vous comment il vous a parlé quand il était encore en Galilée ; il disait : Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des hommes pécheurs, qu’il soit crucifié et que le troisième jour il ressuscite » 18.

Ce texte nous rappelle que Jésus savait exactement ce qui se passerait et que, grâce à sa résurrection, il remporterait la victoire sur la mort.

Pâques, c’est annoncer que la mort est déjà vaincue par la puissance de l’amour de Jésus et par sa résurrection.

PÂQUES TOUS LES JOURS

Les Évangiles insistent sur le fait que Jésus est mort un jour de Pâque 19. Chaque année la Pâque était célébrée pour rappeler que Dieu avait libéré son peuple de la servitude. Pour les auteurs des Évangiles et les apôtres 20, cette fête de Pâque annonçait une libération beaucoup plus grande, obtenue pour l’humanité entière par Jésus lorsqu’il a donné sa vie sur la croix.

L’apôtre Pierre 21 nous révèle que, parce que Dieu nous aime, il nous associe à la résurrection de Jésus. En effet, c’est une puissance grâce à laquelle il veut nous faire renaître à une vie nouvelle afin que notre espérance soit vivante.

Dieu nous donne cette vie nouvelle pour que nous changions de mode de vie. Notre association à la résurrection de Jésus nous libère de la puissance du péché qui nous conduira inévitablement à la mort si nous le laissons nous imposer son mode de vie. Cette libération nous permettra de mener une vie où l’amour remplacera la haine, l’injustice et la violence. Nous ne serons pas seuls dans cette nouvelle vie car, après sa résurrection, Jésus a promis qu’il serait présent à nos côtés tous les jours 22.

Alors, qu’allez-vous faire à Pâques ? Prenez le temps de réfléchir à la signification de Pâques et acceptez de vous associer à la résurrection de Jésus afin de vivre la vie nouvelle que Dieu vous propose. Vous connaitrez alors la vraie liberté qui a été conquise à Pâques.

Les textes bibliques sont généralement cités d’après la Traduction œcuménique de la Bible (TOB). Sinon, il s’agit de la Nouvelle Bible Second (NBS)

1 Genèse 45.16 à 47.31 ; 2 Exode 1 ; 3 Exode 3.1 à 15.21 ; 4 Genèse 1.1 à 4.24 ; 5 Jean 8.34 ; 6 Romains 6.23 ; 7 Hébreux 4.15 ; 8 Jean 8.29 ; 9 Matthieu 27.18 ; 10 Matthieu 27.19 ; 11 Jean 19.12 ; 12 Matthieu 27.23 ; 13 Matthieu 27. 24, 26 ; 14 Jean 19.4 ; 15 Cantique des cantiques 8.6 – NBS ; 16 Jean 15.13 – NBS ; 17 Jean 10.17, 18 ; 18 Luc 24.5-7 ; 19 Matthieu 26.2 – Luc 22.15 – Jean 13.1 ; 18.28 ; 18.39 ; 19.14-16 ; 20 1 Corinthiens 5.7 ; 21 1 Pierre 1.3 ; 22 Matthieu 28.20.

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