D'où vient la fête de la Pentecôte ?

Résumé de la conférence

LA PENTECÔTE

UNE FÊTE ANCESTRALE

Vous aimez faire la fête, vous n’êtes pas le (la) seul(e) et cela ne date pas d’hier. Dès l’antiquité, les hommes ont organisé des fêtes. À cette époque, la vie était rythmée par le cycle de la nature. De grandes réjouissances étaient célébrées lors de la moisson des céréales et particulièrement du blé dans les pays dont la base de la nourriture était le pain. D’ailleurs, cela n’a pas changé. Parfois même la fête de la moisson réapparaît dans des régions françaises où elle avait disparu. En France, c’est généralement au mois d’août qu’elle est organisée après la moisson des blés. Mais en Orient, elle a lieu bien plus tôt, en mai ou début juin.

RÉCUPÉRATION RELIGIEUSE

Dans l’Antiquité, pour se donner toutes les chances d’avoir des récoltes abondantes, les hommes ont invoqué des dieux. Ainsi en Canaan, Baal était le dieu de la pluie, de la rosée et de la fertilité, car dans cette région, actuellement occupée par l’état d’Israël et la Palestine, sans la pluie, il n’était pas possible de cultiver. Les autres peuples, mésopotamien, égyptien et plus tard grec et romain avaient aussi des dieux ou des déesses de la végétation, de l’agriculture ou de la fertilité.

À Ugarit, ville située en Syrie, des tablettes ont révélé que l’année liturgique suivait le même rythme que l’année agricole.  Les fêtes agricoles étaient devenues des fêtes et des réjouissances religieuses.

LA JOIE POUR TOUS

La Bible nous révèle que lorsque les Hébreux se sont organisés en tant que peuple autonome, et qu’ils ont reçu de la part de Dieu des lois, les fêtes agricoles ont été également l’occasion de grandes réjouissances, particulièrement la fête de la moisson, car Dieu voulait que son peuple se réjouisse. Voici ce que dit la Bible à propos de cette fête : « Vous vous réjouirez avec vos fils et vos filles ». Ces réjouissances ne se limitaient pas seulement à la famille. Dieu voulait que les « serviteurs » et les « servantes » y soient associés, ainsi que les lévites qui occupaient des fonctions religieuses et sociales. N’ayant pas de terre à cultiver, les lévites auraient été privés de ces réjouissances si personne ne les avait invités. Les « étrangers installés chez vous, les orphelins et les veuves » devaient aussi être invités à se réjouir avec les autres (Deutéronome 16.11) *.

*Les références à la Bible sont citées d’après la traduction «Parole de Vie».

LE PARTAGE AU CŒUR DE LA FÊTE

Cette fête annuelle était une grande réjouissance nationale. Toute personne, quelle que soit sa position sociale était invitée à y prendre part. Mais ce n’est pas tout. Les Hébreux devaient non seulement se réjouir avec les plus pauvres mais aussi partager avec eux : « Quand vous ferez la récolte, vous ne couperez pas les épis au bord de vos champs. Vous ne reviendrez pas ramasser les épis qui restent. Vous les laisserez aux pauvres et aux étrangers installés chez vous » (Lévitique 23.22).

LA FÊTE DU RENOUVEAU

Parmi les festivités, le peuple devait offrir une offrande nouvelle. Il s’agissait de deux pains qui étaient apportés au temple (Lévitique 23.17). Ils étaient confectionnés à partir des produits de la nouvelle récolte. Cette offrande était un symbole. Ces deux pains annonçaient les autres bénédictions que le peuple allait recevoir au travers des récoltes de l’année entière. Mais ce n’est pas tout.

L’ANNONCE D’UNE GRANDE BÉNÉDICTION

Réjouissances et solidarité avec les plus démunis de la société n’étaient pas les seules particularités de la fête de la moisson. La plus grande bénédiction attachée à la fête de la moisson est de nature spirituelle.  Symboliquement, les deux pains représentaient aussi le peuple qui était invité à passer par une expérience nouvelle. Beaucoup de personnes attendaient cette fête avec impatience parce qu’elle assurait le renouvellement de leur stock de céréales épuisé parfois depuis longtemps. De la même manière, dans le domaine spirituel, nous avons besoin d’être régulièrement régénérés.  Comme Dieu avait béni son peuple en lui permettant d’avoir une abondante récolte*, il bénit la vie intérieure de chacun de ceux qui se tournent vers lui.

*«Pour vous, le Seigneur ouvrira le ciel, où il garde l’eau comme un trésor. Au bon moment, il fera tomber la pluie sur votre pays. Ainsi, il bénira tout ce que vous faites» Deutéronome 28.12.

UNE FÊTE POUR DEVENIR UN ÊTRE NOUVEAU

Les paroles du prophète Ézéchiel révèlent ce que Dieu souhaite faire pour tous les êtres humains : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’enlèverai votre cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair » (Ézéchiel 36.26).

Jésus a donné plusieurs enseignements à propos de cet esprit nouveau qui change le cœur de l’homme pour le rendre meilleur. À un certain Nicodème, Jésus a déclaré qu’il est indispensable pour l’homme de naître de l’Esprit pour changer de vie : « Ceux qui sont nés d’un père et d’une mère appartiennent à la famille des humains. Et ceux qui sont nés de l’Esprit Saint appartiennent à l’Esprit Saint. Ne sois pas étonné parce que je t’ai dit : Vous devez naître de nouveau » (Jean 3.6, 7). Autrement dit, par nous-mêmes, nous n’arriverons pas à atteindre la maturité spirituelle. Seule une intervention de l’Esprit peut changer notre vie.

ÊTRE IMMERGÉ DANS L’ESPRIT

Jésus a promis à ses disciples qu’il recevrait le Saint-Esprit : « Un jour, pendant qu’il mange avec eux, il leur donne cet ordre : « Ne quittez pas Jérusalem, mais attendez ce que le Père a promis. Moi-même, je vous l’ai annoncé : Jean a baptisé avec de l’eau, mais vous, dans quelques jours, vous serez baptisés dans l’Esprit Saint » (Actes des Apôtres 1.4,5).

Littéralement « baptiser » signifie « immerger ». Jésus annonce donc que ses disciples seront immergés dans l’Esprit. Chacun de nous peut faire cette expérience et recevoir l’Esprit dans la plénitude afin que notre vie intérieure soit régénérée.

Dans notre calendrier, nous avons encore la trace du jour au Jésus a dit cela. C’était le jour où Jésus quitta ses disciples. Le livre des Actes des Apôtres (1.9) rappelle les faits : « Jésus monte au ciel sous les yeux de ses apôtres. Ensuite, un nuage le cache, et ils ne le voient plus. » Cet événement est fêté chaque année le jeudi de l’Ascension, quarante jours après Pâques*.

*Voir l’article « L’Ascension ».

LE DON DE L’ESPRIT

Dix jours plus tard, les apôtres étaient réunis tous ensemble (Actes 2.1). La promesse faite par Jésus se réalisa ce jour-là : ils reçurent l’Esprit Saint. Ceci arriva juste le jour de la fête de la moisson. Le texte biblique précise que c’était le jour de la Pentecôte. La fête de la moisson était aussi appelée fête de la Pentecôte car elle devait être célébrée le cinquantième jour après la Pâque. Le mot « pentecôte » est tout simplement dérivé du mot grec « pentekostos » qui signifie cinquantième.

QUAND LE PARTAGE DEVIENT UN PRINCIPE DE VIE

Lors de la fête de la moisson, Dieu avait demandé de se réjouir et de partager, c’est ce qui s’est produit lorsque les disciples de Jésus ont reçu l’Esprit Saint. Les apôtres se mirent à parler des langues qu’ils ne connaissaient pas et ils partagèrent l’Evangile avec tous ceux qu’ils rencontraient, y compris les étrangers. Ce partage spirituel ne fut pas la seule conséquence du don de l’Esprit. Sur le plan matériel, la première communauté chrétienne fait du partage un principe de vie : « Tous les croyants sont unis, et ils mettent en commun tout ce qu’ils ont. Ils vendent leurs propriétés et leurs objets de valeur, et ils en partagent l’argent entre tous, et chacun reçoit ce qui lui est nécessaire » (Actes 2.44, 45).

IVRE DE JOIE

On peut imaginer que dans ces conditions plus d’un croyant était dans la joie. Un autre détail du texte laisse entendre que la joie était associée au don du Saint-Esprit. Lorsque ceux qui n’avaient pas reçu le Saint-Esprit virent comment se comportaient les apôtres, ils dirent : « Ils sont complètement ivres » (Actes 2.13).

Cette déclaration est la preuve qu’il s’était bien passé quelque chose, visible de tous : les apôtres étaient changés et différents. Pierre répondit : « Ces gens ne sont pas ivres, comme vous le pensez » mais ils ont reçu l’Esprit promis (Actes 2.15 et 16-21). Nous trouvons une troisième déclaration faisant cette association entre l’ivresse et le don de l’Esprit, cette fois de l’apôtre Paul : « Ne buvez pas trop de vin : la boisson pousse les gens à se détruire. Mais soyez remplis de l’Esprit » (Éphésiens 5.18).

GAI ET AUDACIEUX

Pourquoi la Bible a-t-elle conservé ce rapprochement entre l’ivresse et le don de l’Esprit ?  Le comportement d’une personne qui consomme de l’alcool est altéré. Dans un premier temps, la perception de soi et des autres se modifie. Celui qui connaît une légère ébriété apparaît comme plus sociable, plus gai et plus audacieux. Le texte sacré a retenu ce parallèle entre l’ivresse et la plénitude de l’Esprit parce que ceux qui furent les témoins de l’effusion de l’Esprit ont constaté que les mêmes symptômes étaient visibles sur ces deux groupes de personnes pourtant bien différents. L’Esprit de Dieu a donc la faculté de rendre l’être humain plus gai, plus sociable et plus audacieux. C’est exactement ce que les Hébreux étaient invités à vivre lors de la fête de la moisson.

JOIE ET PARTAGE AU QUOTIDIEN

La fête de la Pentecôte (anciennement fête de la moisson) est donc bien une fête pour rappeler que notre vie doit être quotidiennement joie et partage puisque Jésus a promis que le Saint-Esprit demeurera tous les jours en nous (Jean 14.16, 17).

TOUT CE QU’IL Y A DE MIEUX POUR VOUS

L’Esprit nous est donné pour nous transformer et faire de nous des êtres nouveaux en nous apportant ce qui nous fait défaut : « Voici ce que l’Esprit Saint produit : amour, joie, paix, patience, bonté, service, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi » (Galates 5.22).

La commémoration de la Pentecôte est un rappel du don de la puissance du Saint-Esprit qui agit dans le cœur de ceux qui l’acceptent pour les rendre meilleurs et pour qu’ils puissent connaître une vie de bonheur.

LE BONHEUR À L’INFINI

Le psalmiste chantait déjà ce désir de Dieu : « Tu me fais connaître le chemin qui conduit à la vie. Quand tu es là, la joie déborde, auprès de toi, le bonheur ne finit pas » (Psaume 16.11).

Ce verset est devenu une réalité le jour de cette première Pentecôte. Cette vie nouvelle est à votre portée si vous acceptez de recevoir à votre tour l’Esprit de Dieu.

COMMENT RECEVOIR L’ESPRIT

Si le don de l’Esprit a été donné le jour de la première Pentecôte, c’est parce que Jésus a entretenu une relation personnelle avec ses apôtres et que par les enseignements qu’il leur a donnés, il les a préparés à recevoir l’Esprit Saint.

En entretenant une relation personnelle avec Jésus et en apprenant à connaître ses enseignements, vous vous préparerez à recevoir le Saint-Esprit dans votre vie. Vous pourrez vivre une véritable Pentecôte dans la joie et pour votre bonheur.

©shutterstock_J.Marijs
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