Depuis l’Antiquité, les hautes montagnes ont fasciné les humains. Autrefois, on pensait que les divinités résidaient aux sommets des montagnes. Cette pensée était tellement ancrée dans l’esprit humain que Dieu s’est appuyé sur cette conception pour se révéler aux hommes et pour manifester sa présence sur le mont Morija, le Sinaï et le mont Sion. Dans la Bible, la montagne est devenue symbole d’éternité, de stabilité, de bénédiction mais face aux obstacles que représentent les montagnes, elles sont aussi le symbole de difficultés insurmontables et de danger. Du livre de la Genèse à l’Apocalypse en passant par les livres prophétiques et les évangiles, les montagnes et plus particulièrement les montagnes de Dieu ont été chargées de significations symboliques.

Le mont Musa dans le massif du Sinaî

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La haute montagne
Résumé de la conférence

La haute montagne

I. LES MONTAGNES, LIEUX DE RENCONTRES AVEC LES DIVINITÉS EN MÉSOPOTAMIE :

Tu disais en ton cœur : Je monterai au ciel, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu ; je m’assiérai sur la montagne de l’assemblée, à l’extrémité du septentrion (Ésaïe 14.13)1
1
Dans cette étude, les citations de la Bible sont faites d’après La Bible Nouvelle Édition de Genève 1979, sauf avis contraire.
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Cette parole, mise dans la bouche du roi de Babylone par le prophète Ésaïe, rappelle la croyance des anciens mésopotamiens qui pensaient que la voûte du ciel reposait sur le sommet des montagnes, comme si elle s’appuyait sur des colonnes. Les montagnes sont ainsi devenues les lieux sur lesquels les dieux se réunissaient, d’où l’expression la montagne de l’assemblée (des dieux).
Parfois les nuages entourent les montagnes donnant ainsi l’impression que le sommet émerge vraiment dans le ciel. La montagne était un lieu privilégié, le point de rencontre entre le monde des dieux et celui des hommes.
Dans la plaine de Mésopotamie, les montagnes étant absentes, les hommes ont construit des montagnes artificielles (les ziggourats) pour s’approcher le plus possible de la divinité. La ziggourat d’Our était appelée « montagne de dieu » ou « colline du ciel ».
Des autels étaient bâtis au sommet des ziggourats ou sur le sommet des montagnes. Dans le pays de Canaan, ces autels étaient désignés sous le nom de hauts-lieux. Parfois, dans les plaines, les hauts lieux étaient des tertres artificiels construits à des fins cultuelles. Les anciens pensaient que les divinités se manifestaient dans ces lieux, les plus rapprochés du ciel. Ces hauteurs étaient donc propices pour rendre un culte aux divinités.

II. LE SYMBOLISME DES MONTAGNES DANS LA BIBLE :

⊗ Les montagnes, image de l’éternité :
Les montagnes éternelles sont ébranlées, les collines antiques s’affaissent (Habacuc 3.6, La Bible en Français Courant).
⊗ Les montagnes, symbole de stabilité :
Quand les montagnes s’ébranleraient, quand les collines chancelleraient, ma bienveillance pour toi ne sera pas ébranlée, et mon alliance de paix ne chancellera pas, dit l’Éternel, qui a compassion de toi (Ésaïe 54.10).
⊗ Monter sur les montagnes, expression synonyme de bénédiction :
Si tu retiens ton pied pendant le sabbat, pour ne pas faire ta volonté en mon saint jour, si tu fais du sabbat tes délices, pour sanctifier l’Éternel en le glorifiant, et si tu l’honores en ne suivant point tes voies, en ne te livrant pas à tes penchants et à de vains discours, alors tu mettras ton plaisir en l’Éternel, et je te ferai monter sur les hauteurs du pays, je te ferai jouir de l’héritage de Jacob, ton père ; car la bouche de l’Éternel a parlé (Ésaïe 58.13, 14).
⊗ Les montagnes, symbole des difficultés insurmontables :
Rendez gloire à l’Éternel, votre Dieu, avant qu’il fasse venir les ténèbres, avant que vos pieds viennent butter contre les montagnes du crépuscule ; vous attendrez la lumière, et il la changera en ombre de mort, il la réduira en épaisse nuée (Jérémie 13.16).
Jésus leur répondit : En vérité je vous le dis, si vous avez de la foi et si vous ne doutez pas, non seulement vous ferez ce qui a été fait à ce figuier, mais quand vous diriez à cette montagne : Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, cela se ferait (Matthieu 21.21).
⊗ Les montagnes représentent un danger :
Je lève mes yeux vers les montagnes… D’où me viendra le secours ? Le secours me vient de l’Éternel, qui a fait les cieux et la terre (Psaume 121.1, 2). L’Éternel te gardera de tout mal (Psaume 121.7).
⊗ Dieu précède les montagnes et il est plus grand et plus puissant qu’elles :
Prière de Moïse, homme de Dieu. Seigneur ! Tu as été pour nous un refuge, de génération en génération. Avant que les montagnes soient nées, et que tu aies créé la terre et le monde, d’éternité en éternité tu es Dieu (Psaume 90.1, 2).
Les montagnes fondent comme de la cire devant le SEIGNEUR (YHWH), devant le Seigneur de toute la terre (Psaume 97.1, La Nouvelle Bible Segond).
Il s’arrête, et de l’œil il mesure la terre ; il regarde, et il fait trembler les nations ; les montagnes séculaires se brisent, les collines antiques s’abaissent ; les sentiers d’autrefois s’ouvrent devant lui (Habacuc 3.6).
Dans ces versets, les montagnes, habituellement symboles de puissance et d’éternité, disparaissent devant la grandeur de Dieu lorsqu’il se manifeste.

III. LES MONTAGNES DE DIEU :

À côté des montagnes ordinaires dont le symbolisme a été rappelé au point précédent, la montagne est le lieu où Dieu se révèle, où il habite, où il se manifeste et, où il se propose de rencontrer les hommes.
Les expressions « montagne de l’Éternel » ou « montagne de Dieu » désignent avant tout des lieux où Dieu s’est révélé. Les noms et l’identification exacte de ces lieux sont de moindre importance. La Bible n’a pas toujours conservé le nom des montagnes objet d’une grande manifestation de Dieu.
Ces montagnes peuvent être sacrées ou saintes. Le caractère sacré ou saint de la montagne n’est pas lié à la montagne elle-même mais à la présence de Dieu. Lorsque Dieu n’est plus présent sur ces montagnes, elles perdent leur sacralité et redeviennent ordinaires. Elles ne deviennent pas des lieux de pèlerinages lorsque Dieu ne s’y manifeste plus.

1. La montagne : un lieu où Dieu se révèle pour annoncer la délivrance et pour inviter l’homme à le rencontrer :

⊗ Un lieu où Dieu annonce la délivrance :
1 Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro, son beau-père, sacrificateur de Madian ; et il mena le troupeau derrière le désert, et vint à la montagne de Dieu, à Horeb. 2 L’ange de l’Éternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson. Moïse regarda ; et voici, le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point. 3 Moïse dit : Je veux me détourner pour voir quelle est cette grande vision, et pourquoi le buisson ne se consume point. 4 L’Éternel vit qu’il se détournait pour voir ; et Dieu l’appela du milieu du buisson, et dit : Moïse ! Moïse ! Et il répondit : Me voici ! 5 Dieu dit : N’approche pas d’ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. 6 Et il ajouta : Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de regarder Dieu. 7 L’Éternel dit : J’ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu les cris que lui font pousser ses oppresseurs, car je connais ses douleurs. 8Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens, et pour le faire monter de ce pays dans un bon et vaste pays, dans un pays où coulent le lait et le miel (Exode 3.1-8).
La montagne sur laquelle Dieu s’était révélée à Moïse est la même que celle où il veut manifester sa présence à la vue de tout le peuple et permettre une rencontre entre lui et son peuple :
Dieu dit : Je serai avec toi ; et ceci sera pour toi le signe que c’est moi qui t’envoie : quand tu auras fait sortir d’Egypte le peuple, vous servirez Dieu sur cette montagne (Exode 3.12).
Servir Dieu signifie « rendre un culte » comme le traduit la Bible en français courant, ce qui confirme la rencontre voulue par Dieu :
Je serai avec toi, reprit Dieu. Et pour te prouver que c’est bien moi qui t’envoie, je te donne ce signe : Quand tu auras fait sortir les Israélites d’Égypte, tous ensemble vous me rendrez un culte sur cette montagne-ci (Exode 3.12, La Bible en Français Courant).
⊗ Un lieu choisi par Dieu pour manifester sa présence et vivre une rencontre avec son peuple :
La montagne de Sinaï était toute en fumée, parce que l’Éternel y était descendu au milieu du feu ; cette fumée s’élevait comme la fumée d’une fournaise, et toute la montagne tremblait avec violence (Exode 19.18).
Vous vous êtes alors avancés pour vous tenir au pied de la montagne ; de celle-ci jaillissaient des flammes qui montaient jusqu’au ciel, au cœur d’une sombre fumée et d’un épais nuage. Le Seigneur vous a parlé du milieu du feu ; vous l’avez entendu parler, mais sans le voir ; vous ne perceviez que sa voix (Deutéronome 4.11, 12).
⊗ Un lieu choisi par Dieu pour révéler sa loi (les dix paroles ou dix commandements) par la parole et par l’écrit :
Telles sont les paroles que prononça l’Éternel à haute voix sur la montagne, du milieu du feu, des nuées et de l’obscurité, et qu’il adressa à toute votre assemblée, sans rien ajouter. Il les écrivit sur deux tables de pierre, qu’il me donna (Deutéronome 5.22).
Cette loi est la charte de l’alliance qui permet à l’homme de conquérir la liberté et de vivre sa rencontre avec Dieu.
Le mal, le péché, est entré dans la vie de l’homme quand celui-ci est passé outre la parole divine : Et l’Éternel Dieu dit : … Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? (Genèse 3.11).
Le péché a fait irruption lorsque l’homme a transgressé l’une des lois que Dieu avait prescrite pour que l’homme puisse jouir de toutes les bénédictions divines. La Bible fait le constat suivant : le péché est la transgression de la loi (1 Jean 3.4). Lorsque Dieu se propose de rencontrer l’homme sur la montagne, il lui annonce ce qu’il devra faire et ne pas faire. La loi est incontournable dans notre rencontre avec Dieu.
⊗ Jésus choisit de présenter son discours inaugural sur une montagne :
Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne ; et, après qu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit : Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! (Matthieu 5.1-3, pour la totalité du discours de Jésus : Matthieu 5.1 à 7.28)
En choisissant de faire ce discours sur une montagne et en parlant de la loi des dix paroles révélées au Sinaï, Jésus inscrit son enseignement dans la continuité du message donné au Sinaï, la montagne de la rencontre :
17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. 18 Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. 19 Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux (Matthieu 5.17-19).
Dans ce discours sur la montagne, Jésus se met à la place de Dieu qui avait donné la loi :
Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens : Tu ne tueras point ; celui qui tuera est passible de jugement. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère est passible de jugement ; que celui qui dira à son frère : Raca ! mérite d’être puni par le sanhédrin ; et que celui qui lui dira : Insensé ! mérite d’être puni par le feu de la géhenne (Matthieu 5.21, 22).
Tu ne tueras point est la 6e parole prononcée par Dieu sur le Sinaï (Exode 20.13) et qu’il a écrite sur les tables de pierre (Exode 24.12 ; 31.18).
Au il a été dit de Dieu, Jésus oppose le « mais moi, je vous dit« . Jésus se présente ici comme ayant la même autorité que Dieu lui-même. Dans ce discours, Jésus montre à ses disciples ce qu’ils doivent être et faire.

2. Le sanctuaire sur la montagne :

Lorsque Dieu se révèle sur la montagne du Sinaï, il donne d’autres directives à Moïse et notamment, il demande la construction d’un sanctuaire :
Ils me feront un sanctuaire, et j’habiterai au milieu d’eux. Vous ferez le tabernacle et tous ses ustensiles d’après le modèle que je vais te montrer (Exode 25.8, 9).
Le modèle du sanctuaire a été présenté sur la montagne :
Regarde, et fais d’après le modèle qui t’est montré sur la montagne (Exode 25.40).
Le sanctuaire était en lien direct avec le thème de la rencontre que Dieu voulait provoquer entre lui et les hommes. Pour rappeler ce projet très important, le sanctuaire a été appelé « tente de la rencontre » :
Moïse prenait la tente, la déployait à bonne distance en dehors du camp et l’appelait : « Tente de la rencontre ». Et alors quiconque voulait rechercher le SEIGNEUR sortait vers la tente de la rencontre qui était en dehors du camp (Exode 33.7, Traduction œcuménique de la Bible).
Symboliquement Dieu se tenait à l’intérieur du lieu très saint du sanctuaire :
C’est là que je me rencontrerai avec toi ; du haut du propitiatoire, entre les deux chérubins placés sur l’arche du témoignage, je te donnerai tous mes ordres pour les enfants d’Israël (Exode 25.22).
Cette déclaration est extrêmement intéressante parce qu’elle fait le lien une nouvelle fois entre le thème de la rencontre avec Dieu et la loi. Dans ce texte, l’arche est appelée l’arche du témoignage. Le témoignage désigne les tables de pierre sur lesquelles étaient écrites les dix paroles que Dieu a remises à Moïse :
Lorsque l’Éternel eut achevé de parler à Moïse sur le mont Sinaï, il lui donna les deux tables du témoignage, tables de pierre, écrites du doigt de Dieu (Exode 31.18).
Il publia son alliance, qu’il vous ordonna d’observer, les dix commandements ; et il les écrivit sur deux tables de pierre (Deutéronome 4.13).
Tu mettras dans l’arche le témoignage, que je te donnerai (Exode 25.16).
La rencontre entre Dieu et Moïse se faisait donc à l’endroit même où Dieu avait demandé à Moïse de conserver le texte des dix paroles. Mais la transgression de ces dix paroles rendait la rencontre avec Dieu impossible :
Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation entre vous et votre Dieu ; ce sont vos péchés qui vous cachent sa face et l’empêchent de vous écouter (Ésaïe 59.2).
Pour permettre la rencontre avec Dieu, les péchés devaient être expiés, pardonnés. L’expiation était rendue possible avec les sacrifices des animaux sur l’autel, ce qui était une préfiguration du salut apporté par Jésus (cf. étude « Un agneau, du pain et du vin »).

3. La montagne où Dieu révèle son salut :

⊗ Une remarque s’impose avant de développer ce point. D’après les textes bibliques, deux montagnes sont des lieux de la révélation du salut proposé aux hommes par Dieu : la montagne de Morija et la montagne de Sion.
Δ La montagne de Morija et la montagne de Sion sont toutes les deux très proches l’une de l’autre, sur le plan géographique.
Δ Le mot « Morija » est mentionné seulement deux fois par les textes bibliques alors que le mot « Sion » est employé environ 150 fois, pour désigner la montagne de Sion ou la ville de Jérusalem.
⊗ La montagne de Morija est mentionnée dans l’histoire d’Abraham et dans celle de la construction du Temple de Jérusalem faisant le lien entre ces deux événements :
⊗ Lors du sacrifice d’Isaac qui est une préfiguration du sacrifice de Jésus (Cf. Étude sur le chapitre 22 de la Genèse dans « La Genèse, le livre biblique des origines ») :
Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai (Genèse 22.2).
Abraham nomma ce lieu « le SEIGNEUR voit » ; aussi dit-on aujourd’hui : « C’est sur la montagne que le SEIGNEUR est vu » (Genèse 22.14, Traduction œcuménique de la Bible).
⊗ Lors de la construction du Temple de Jérusalem :
Salomon commença à bâtir la maison de l’Éternel à Jérusalem, sur la montagne de Morija, qui avait été indiquée à David, son père, dans le lieu préparé par David sur l’aire d’Ornan, le Jébusien (2 Chroniques 3.1).
Le Temple de Jérusalem a donc été bâti sur la montagne où Dieu avait demandé à Abraham de sacrifier son fils Isaac.
⊗ La montagne de Sion à Jérusalem :
Dieu habitait dans le Temple comme il avait habité dans le sanctuaire du désert, la tente de la rencontre ; c’est la raison pour laquelle le Temple était saint parce qu’il était la demeure du Dieu Saint : Je me prosterne dans ton saint temple, et je célèbre ton nom, à cause de ta bonté et de ta fidélité, car ta renommée s’est accrue par l’accomplissement de tes promesses (Psaumes 138.2).
La montagne de l’Éternel sur laquelle était construit le Temple de Dieu devient par extension la montagne sur laquelle Dieu habite : cette montagne est par conséquent une sainte montagne, Dieu l’appelle ma sainte montagne :
Δ Dieu habite sur la montagne de Sion :
Voici, moi et les enfants que l’Éternel m’a donnés, nous sommes des signes et des présages en Israël, de la part de l’Éternel des armées, qui habite sur la montagne de Sion (Ésaïe 8.18).
Δ La sainte montagne de l’Éternel et son Temple :
Qui pourra monter à la montagne de l’Éternel ? Qui s’élèvera jusqu’à son lieu saint ? (Psaume 24.3).
Je les amènerai sur ma montagne sainte, et je les réjouirai dans ma maison de prière ; leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel ; car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples (Ésaïe 56.7).
Car sur ma montagne sainte, sur la haute montagne d’Israël, dit le Seigneur, l’Éternel, là toute la maison d’Israël, tous ceux qui seront dans le pays me serviront ; là je les recevrai favorablement, je rechercherai vos offrandes, les prémices de vos dons, et tout ce que vous me consacrerez (Ézéchiel 20.40).
Δ Le salut sera sur la montagne de Sion, au jour de l’Éternel :
Puisque les sacrifices de la tente de la rencontre permettaient de résoudre le problème du péché et apportaient le pardon et salut, la montagne de Sion est symbole de salut :
28 Après cela, je répandrai mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des songes, et vos jeunes gens des visions. 29 Même sur les serviteurs et sur les servantes, dans ces jours-là, je répandrai mon Esprit. 30 Je ferai paraître des prodiges dans les cieux et sur la terre, du sang, du feu, et des colonnes de fumée ; 31 le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang, avant l’arrivée du jour de l’Éternel, de ce jour grand et terrible. 32 Alors quiconque invoquera le nom de l’Éternel sera sauvé ; le salut sera sur la montagne de Sion et à Jérusalem, comme a dit l’Éternel, et parmi les réchappés que l’Éternel appellera (Joël 2.28-32).
La paix régnera enfin pour toutes les nations sur la montagne de l’Éternel à Sion :
2Il arrivera, dans la suite des temps, que la montagne de la maison de l’Éternel sera fondée sur le sommet des montagnes, qu’elle s’élèvera par-dessus les collines, et que toutes les nations y afflueront. 3 Des peuples s’y rendront en foule, et diront : Venez, et montons à la montagne de l’Éternel, à la maison du Dieu de Jacob, afin qu’il nous enseigne ses voies, et que nous marchions dans ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem la parole de l’Éternel. 4 Il sera le juge des nations, l’arbitre d’un grand nombre de peuples. De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, et de leurs lances des serpes : une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, et l’on n’apprendra plus la guerre (Ésaïe 2.2-4).
Nous pouvons noter ici que la révélation sur les deux montagnes de Dieu, celle du Sinaï où la loi fut révélée, et celle de Sion, se rejoignent puisque le texte dit : Car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem la parole de l’Éternel.
Δ Finalement la montagne sainte devient une image de la nouvelle terre :
17 Car je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre ; on ne se rappellera plus les choses passées, elles ne reviendront plus à l’esprit. 18 Réjouissez-vous plutôt et soyez à toujours dans l’allégresse, à cause de ce que je vais créer ; car je vais créer Jérusalem pour l’allégresse, et son peuple pour la joie. 19 Je ferai de Jérusalem mon allégresse, et de mon peuple ma joie ; on n’y entendra plus le bruit des pleurs et le bruit des cris.
25 Le loup et l’agneau paîtront ensemble, le lion, comme le bœuf, mangera de la paille, et le serpent aura la poussière pour nourriture. Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte, dit l’Éternel (Ésaïe 65.17-19, 25).
Δ Le symbolisme de la montagne de Sion représentant le royaume de Dieu se prolonge dans l’épître aux Hébreux et dans l’Apocalypse :
Mais au contraire vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, des myriades d’anges (Hébreux 12.22).
Je regardai, et voici, l’Agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur leur front (Apocalypse 14.1).
La montagne symbolise vraiment la rencontre avec Dieu. Cette rencontre est rendue possible lorsque l’homme vit en harmonie avec les lois de Dieu. C’est la raison pour laquelle Dieu veut mettre ses lois dans l’esprit et le cœur des hommes selon les termes de la nouvelle alliance :
Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit le Seigneur : je mettrai mes lois dans leur esprit, je les écrirai dans leur cœur ; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple (Hébreux 8.10 et Jérémie 31.33).
Cette rencontre avec Dieu sera complète lorsque le Christ apparaîtra pour nous accorder le salut et nous permettre de vivre dans son royaume :
Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés de beaucoup d’hommes, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut (Hébreux 9.28).
Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde (Matthieu 25.34).

IV. JÉSUS PROLONGE LE SYMBOLISME DE LA MONTAGNE :

Comme nous l’avons déjà vu avec le discours inaugural de Jésus sur la montagne, Jésus monte sur des montagnes pour souligner l’importance de ce qu’il dit ou ce qu’il vit :

1. La montagne un lieu propice à la rencontre avec Dieu par la prière :

En ce temps-là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu (Luc 6.12).
Après cette nuit de prière, Jésus choisit les douze apôtres et enseigna ses disciples.

2. La montagne de la transfiguration :

28 Environ huit jours après qu’il eut dit ces paroles, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier. 29 Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea, et son vêtement devint d’une éclatante blancheur. 30 Et voici, deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, 31 qui, apparaissant dans la gloire, parlaient de son départ qu’il allait accomplir à Jérusalem. 32 Pierre et ses compagnons étaient appesantis par le sommeil ; mais, s’étant tenus éveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui. 33 Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus, Pierre lui dit : Maître, il est bon que nous soyons ici ; dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. Il ne savait ce qu’il disait. 34 Comme il parlait ainsi, une nuée vint les couvrir ; et les disciples furent saisis de frayeur en les voyant entrer dans la nuée. 35 Et de la nuée sortit une voix, qui dit : Celui-ci est mon Fils élu : écoutez-le ! 36 Quand la voix se fit entendre, Jésus se trouva seul (Luc 9.28-36).
Ce texte présente de nombreuses similitudes avec la rencontre entre Dieu et son peuple sur le mont Sinaï :
Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques (verset 28).
Lorsque Moïse monta sur le Sinaï tout le peuple d’Israël était présent au pied de la montagne pour être témoin de la manifestation de Dieu :
Moïse fit sortir le peuple du camp, à la rencontre de Dieu ; et ils se placèrent au bas de la montagne (Exode 19.17).
De la même manière, Jésus prend avec lui trois représentants des apôtres qui seront des témoins de la manifestation divine.
L’aspect de son visage changea (verset 29), ils virent la gloire de Jésus (verset 32).
Jésus et Moïse passent par la même expérience, leur rencontre avec Dieu provoque une modification de l’aspect de leur visage :
Moïse descendit de la montagne de Sinaï, ayant les deux tables du témoignage dans sa main, en descendant de la montagne ; et il ne savait pas que la peau de son visage rayonnait, parce qu’il avait parlé avec l’Éternel. (Exode 34.29).
Et voici, deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie (Verset 30).
D’après les textes de la Bible, seuls Moïse et Élie ont rencontré Dieu sur le mont Sinaï appelé aussi Horeb, la montagne de Dieu :
Dieu dit à Moïse : Sois prêt de bonne heure, et tu monteras dès le matin sur le mont Sinaï ; tu te tiendras là devant moi, sur le sommet de la montagne (Exode 34.2).
Il [Élie] se leva, mangea et but ; et avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu, à Horeb. Et là, il entra dans la caverne, et il y passa la nuit. Et voici, la parole de l’Éternel lui fut adressée, en ces mots : Que fais-tu ici, Élie ? (1 Rois 19.8, 9).
Si la présence de Moïse sur cette haute montagne paraît évidente en référence à la révélation du Sinaï, la présence d’Élie l’est beaucoup moins. Élie n’a pas reçu de révélation comme Moïse cependant le texte biblique met l’accent sur la manifestation de Dieu auprès d’Élie bien différente de celle de l’époque de Moïse mais tout aussi impressionnante :
11 L’Éternel dit : Sors, et tiens-toi dans la montagne devant l’Éternel ! Et voici, l’Éternel passa. Et devant l’Éternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers : l’Éternel n’était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre : l’Éternel n’était pas dans le tremblement de terre. 12 Et après le tremblement de terre, un feu : l’Éternel n’était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. 13 Quand Élie l’entendit, il s’enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Et voici, une voix lui fit entendre ces paroles : Que fais–tu ici, Élie ? 14 Il répondit : J’ai déployé mon zèle pour l’Éternel, le Dieu des armées ; car les enfants d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l’épée tes prophètes ; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m’ôter la vie (1 Rois 19.11-14).
Deux remarques par rapport à ce texte :
Δ La manifestation de Dieu n’est plus terrifiante comme aux jours de Moïse oùla montagne de Sinaï était toute en fumée, parce que l’Éternel y était descendu au milieu du feu ; cette fumée s’élevait comme la fumée d’une fournaise, et toute la montagne tremblait avec violence. (Exode 19.18) Tout le peuple entendait les coups de tonnerre et le son de la trompette ; il voyait les flammes de la montagne fumante. (Exode 20.18).
Dieu se présente à Élie dans un murmure doux et léger (1 Rois 19.12). Dieu voulait-il donner une autre image de ce qu’il est vraiment sur cette montagne de la révélation ?
Δ Élie apparaît ici comme celui qui reste fidèle à l’alliance au milieu d’une apostasie générale. La présence d’Élie dans cet entretien est-elle une invitation à réfléchir à notre propre fidélité à l’alliance proposée par Dieu ?
Et voici, deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, qui, apparaissant dans la gloire, parlaient de son départ qu’il allait accomplir à Jérusalem (Versets 30, 31).
Moïse avait reçu sur le Sinaï les directives pour la construction du sanctuaire qui préfigurait le salut accomplit par Jésus. L’entretien entre Jésus, Moïse et Élie porte sur ce que Jésus allait accomplir à Jérusalem ce qui peut être résumé par cette parole de Jésus :
Jésus leur répondit : Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. Les Juifs dirent : Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras ! Mais il parlait du temple de son corps. C’est pourquoi, lorsqu’il fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite (Jean 2.19-22).
Dans cette vision, la présence de Moïse et d’Élie apparaissant dans la gloire (verset 31) est un profond encouragement pour Jésus car elle atteste de la réussite de sa mission de salut pour tous ceux qui voudront le suivre. Moïse et Élie sont vivants, ils sont les prémices de ceux qui seront sauvés.  L’épître de Jude fait allusion à la résurrection de Moïse : Or, l’archange Michel, lorsqu’il contestait avec le diable et lui disputait le corps de Moïse, n’osa pas porter contre lui un jugement injurieux, mais il dit : Que le Seigneur te réprime ! (Jude 1.9). Et le livre de Rois nous apprend qu’Élie rejoignit le ciel sans passer par la mort : Comme ils continuaient à marcher en parlant, voici, un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l’un de l’autre, et Élie monta au ciel dans un tourbillon (2 Rois 2.11).
Comme il parlait ainsi, une nuée vint les couvrir ; et les disciples furent saisis de frayeur en les voyant entrer dans la nuée. Et de la nuée sortit une voix, qui dit : Celui-ci est mon Fils élu : écoutez-le ! (Versets 34, 35).
Avec Moïse sur le Sinaï nous avons une situation tout à fait analogue, la frayeur des témoins, la nuée et la voix de Dieu qui se fait entendre :
Tout le peuple entendait les coups de tonnerre et le son de la trompette ; il voyait les flammes de la montagne fumante. À ce spectacle, le peuple tremblait, et se tenait dans l’éloignement. Ils dirent à Moïse : Parle-nous toi-même, et nous écouterons ; mais que Dieu ne nous parle point, de peur que nous ne mourions (Exode 20.18, 19).
L’Éternel dit à Moïse : Voici, je viendrai vers toi dans une épaisse nuée, afin que le peuple entende quand je te parlerai, et qu’il ait toujours confiance en toi (Exode 19.9).
Le but de cette manifestation de Dieu était que le peuple ait confiance en Moïse. Il en est de même pour Jésus : Quand la voix se fit entendre, Jésus se trouva seul (Luc 9.36) ; une manière de nous dire que tout ce qui avait été annoncé par le symbolisme de la montagne (rencontre avec Dieu, message sur le salut offert par Dieu) repose sur la personne de Jésus seul. Dieu nous invitant à lui faire confiance : Celui-ci est mon Fils élu : écoutez-le ! (Luc 9.35). Le message ne peut être plus clair, c’est uniquement en Jésus qu’il est possible de rencontrer Dieu et d’être sauvé.

3. La montagne de Galilée :

16 Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. 17 Quand ils le virent, ils l’adorèrent. Mais quelques-uns eurent des doutes. 18 Jésus, s’étant approché, leur parla ainsi : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. 19 Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, 20 et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde (Matthieu 28.16-20).
Jésus ressuscité choisit le symbolisme de la montagne en donnant rendez-vous à ses disciples sur une montagne de Galilée pour leur faire connaître la mission : faire de toutes les nations des disciples en les assurant de sa présence continuelle. Ainsi par le symbole de la montagne et par la parole, Jésus exprime le désir que toutes les nations de la terre rencontrent Dieu.

4. La montagne des Oliviers :

Luc nous rapporte que Jésus avait coutume de se rendre sur la montagne des Oliviers : Pendant le jour, Jésus enseignait dans le temple, et il allait passer la nuit à la montagne appelée montagne des Oliviers (Luc 21.37). Après être sorti, il alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers (Luc 22.39).
C’est sur cette montagne qu’il fit un grand discours sur les signes annonçant son retour glorieux après avoir prophétisé la destruction du Temple de Jérusalem :
Comme Jésus s’en allait, au sortir du temple, ses disciples s’approchèrent pour lui en faire remarquer les constructions. Mais il leur dit : Voyez-vous tout cela ? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée. Il s’assit sur la montagne des Oliviers. Et les disciples vinrent en particulier lui poser cette question : Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? (Matthieu 24.1-3 ; la réponse de Jésus Matthieu 24.4 à 25.46).
Jésus se rendit sur la montagne des Oliviers après le souper de la Pâque pour prier avec ses disciples : Après voir chanté les cantiques, ils se rendirent à la montagne des Oliviers (Matthieu 26.30).
Jésus monta une dernière fois sur la montagne des Oliviers lors de son ascension :
Après avoir dit cela, il fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu’il s’en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, et dirent : Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel. Alors ils retournèrent à Jérusalem, de la montagne appelée des Oliviers, qui est près de Jérusalem, à la distance d’un chemin de sabbat (Actes 1.9-12).
Cette dernière évocation de la montagne dans la vie de Jésus résume à elle seule tout le symbolisme de la montagne dans la Bible : la rencontre avec Dieu ; pour nous, cette rencontre se réalisera dans sa plénitude au moment où Jésus reviendra en gloire.
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