Les symboles de la fiancée et de l'épouse nous permettent d'avoir un autre regard sur Dieu, sur les relations qu'il veut entretenir avec ceux qui se réclament de lui et sur le profond attachement qu'il a pour eux.

Résumé de la conférence

LA FIANCÉE ET L’ÉPOUSE

LE SYMBOLISME DE LA FIANCÉE ET DE L’ÉPOUSE

Jean-Baptiste a utilisé deux symboles pour présenter Jésus comme le Messie. Il a dit qu’il était l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde (Jean 1.29) et il le désigna comme « l’époux » ; se définissant lui-même comme l’ami de l’époux :
28Vous-mêmes m’êtes témoins que j’ai dit : Je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. 29Celui à qui appartient l’épouse, c’est l’époux ; mais l’ami de l’époux, qui se tient là et qui l’entend, éprouve une grande joie à cause de la voix de l’époux : aussi cette joie, qui est la mienne, est parfaite. 30 Il faut qu’il croisse, et que je diminue (Jean 3.26-30)*

* Dans cette étude, les citations de la Bible sont faites d’après La Bible Nouvelle Édition de Genève 1979, sauf avis contraire.

Cette parole de Jean-Baptiste reste énigmatique. Si Jésus, le Messie, est l’époux : qui est l’épouse ?
Jésus a repris le terme « époux » pour parler de lui-même lorsque les disciples de Jean sont venus lui poser une question :
Alors les disciples de Jean vinrent auprès de Jésus, et dirent : Pourquoi nous et les pharisiens jeûnons-nous, tandis que tes disciples ne jeûnent point ? Jésus leur répondit : Les amis de l’époux peuvent-ils s’affliger pendant que l’époux est avec eux ? Les jours viendront où l’époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront (Matthieu 9.15).
L’apôtre Paul écrivait aux Corinthiens qu’il les avait fiancés à un seul époux, le Christ ; les Corinthiens étant comparés à « une vierge pure » :
Car je suis jaloux de vous d’une jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure (2 Corinthiens 11.2).
Trois déclarations du livre de l’Apocalypse nous permettent de mieux comprendre cette symbolique de l’époux et de l’épouse :
  • La nouvelle Jérusalem est comparée à une épouse qui s’est préparée pour son époux : Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son époux (Apocalypse 21.2).
  • L’épouse est appelée la femme de l’Agneau : Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes remplies des sept derniers fléaux vint, et il m’adressa la parole, en disant : Viens, je te montrerai l’épouse, la femme de l’Agneau (Apocalypse 21.9, voir aussi Apocalypse 19.7
    Apocalypse 19.7
    Réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse, et donnons-lui gloire ; car les noces de l’Agneau sont venues, son épouse s’est préparée. (La Bible Nouvelle Édition de Genève 1979)
    ).
  • Nous retrouvons ici la même association agneau/époux que dans les discours de Jean-Baptiste. Nous pouvons savoir qui est l’épouse puisque l’apôtre Jean a une vision suite à la déclaration de l’ange : Il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne. Et il me montra la ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel d’auprès de Dieu, ayant la gloire de Dieu (Apocalypse 21.10).
    La nouvelle Jérusalem, qui s’est « préparée comme une épouse » (Apocalypse 21.2) et de qui il est dit : il n’entrera chez elle rien de souillé, ni personne qui se livre à l’abomination et au mensonge ; il n’entrera que ceux qui sont écrits dans le livre de vie de l’Agneau (Apocalypse 21.27), est bien la femme de l’Agneau.
    Dans une autre vision, Jean voit ceux qui sont inscrits dans le livre de vie : Après cela, je regardai, et voici, il y avait une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l’Agneau, revêtus de robes blanches, et des palmes dans leurs mains (Apocalypse 7.9).
    • La femme enveloppée du soleil : Un grand signe parut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête (Apocalypse 12.1).
    • Cette vision rappelle un des songes de Joseph : Il eut encore un autre songe, et il le raconta à ses frères. Il dit : J’ai eu encore un songe ! Et voici, le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi (Genèse 37.9).
      Voici l’interprétation proposée par Jacob, le père de Joseph : Il le raconta à son père et à ses frères. Son père le réprimanda, et lui dit : Que signifie ce songe que tu as eu ? Faut-il que nous venions, moi, ta mère et tes frères, nous prosterner à terre devant toi ? (Genèse 37.10).
      Ce songe est une représentation symbolique du peuple d’Israël descendant de Jacob, appelé aussi Israël, et de ses douze fils qui forment les 12 tribus d’Israël mentionnées dans le livre de l’Apocalypse (7.4-8). Mais la femme du chapitre 12 de l’Apocalypse n’est pas seulement le symbole du peuple d’Israël : Et le dragon fut irrité contre la femme, et il s’en alla faire la guerre au reste de sa postérité, à ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui retiennent le témoignage de Jésus (Apocalypse 12.17).
      Pour l’apôtre Jean, l’expression « le témoignage de Jésus » est équivalente ou doit être associée à l’expression « la foi de Jésus » mentionnée au chapitre 14 verset 12 : C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus.
      Tous ceux qui sont fidèles aux commandements de Dieu, « qui retiennent le témoignage de Jésus » et « qui gardent la foi de Jésus » constituent la postérité de la femme et ils font partie du peuple de Dieu.
      Jean-Baptiste, Paul et l’apôtre Jean dans l’Apocalypse, nous donnent des pistes intéressantes pour comprendre le symbolisme biblique de la fiancée, de la femme et de l’épouse. Il semble même que ce symbole est tellement connu à leur époque, qu’ils l’utilisent sans l’expliquer. Mais, au travers de ce qu’ils en ont dit, nous pouvons comprendre que l’époux est un symbole pour désigner le Christ, et que la fiancée, la femme/épouse est un symbole pour désigner le peuple de Dieu lorsqu’il est pur et fidèle.

      L’ÉPOUSE DANS LES TEXTES DES PROPHÈTES

      La Bible nous révèle l’immense amour que Dieu éprouve pour l’humanité. Pour nous faire comprendre l’intensité de cet amour et ses implications, les prophètes ont utilisé le mariage comme symbole des relations qui unissent Dieu et son peuple :
      Car ton créateur est ton époux : L’Éternel des armées est son nom ; et ton rédempteur est le Saint d’Israël : Il se nomme Dieu de toute la terre (Ésaïe 54.5).
      Au passage, il est intéressant et significatif de noter que Dieu est ici désigné comme l’époux du peuple d’Israël. Lorsque Jean-Baptiste et Paul désignent Jésus comme « l’époux » ou le « seul époux », il lui donne un titre qui appartient uniquement à Dieu, confirmant ainsi une fois de plus que Jésus est bien Dieu.
      Les prophètes ont utilisé la métaphore du mariage dans des situations de crise :
      • Osée prophétise en Samarie les années précédant l’invasion et la déportation par l’Assyrie.
      • Le prophète Ésaïe développe le thème de l’époux en rapport avec la déportation à Babylone qu’il annonce plus d’un siècle avant l’événement.
      • Jérémie et Ézéchiel vivaient à l’époque où les Babyloniens avaient détruit Jérusalem et déporté une grande partie de la population.
      • 1. L’extraordinaire amour de Dieu pour son peuple :
        • Dieu est fou amoureux :
        • La lecture du livre du prophète Osée nous permet de comprendre que Dieu est comme pris entre deux feux : celui de son amour sans limite pour son peuple et celui de l’infidélité de ce dernier.
          Malgré les avertissements que Dieu a donnés par l’intermédiaire d’autres prophètes, par exemple Amos, le peuple d’Israël s’enfonce dans les désordres politiques, sociaux et religieux. La déclaration ci-dessous nous permet de nous faire une idée de cette époque extrêmement confuse :
          Écoutez la parole du SEIGNEUR, Israélites ! Car le SEIGNEUR a un litige avec les habitants du pays, parce qu’il n’y a ni loyauté, ni fidélité, ni connaissance de Dieu dans le pays. Il n’y a que malédiction et dissimulation, assassinats, vols et adultères ; on use de violence, on commet meurtre sur meurtre (Osée 4.1, 2, Nouvelle Bible Second).
          Pour faire face à cette corruption générale, les mots et les discours même enflammés ne suffisent plus. Dieu décide de demander au prophète Osée quelque chose d’inconcevable :
          2 La première fois que l’Éternel adressa la parole à Osée, l’Éternel dit à Osée : Va, prends une femme prostituée et des enfants de prostitution ; car le pays se prostitue, il abandonne l’Éternel ! 3 Il alla, et il prit Gomer, fille de Diblaïm. Elle conçut, et lui enfanta un fils. 4 Et l’Éternel lui dit : Appelle-le du nom de Jizreel ; car encore un peu de temps, et je châtierai la maison de Jéhu pour le sang versé à Jizreel, je mettrai fin au royaume de la maison d’Israël. 5 En ce jour-là, je briserai l’arc d’Israël dans la vallée de Jizreel. 6 Elle conçut de nouveau, et enfanta une fille. Et l’Éternel dit à Osée : Donne-lui le nom de Lo-Ruchama ; car je n’aurai plus pitié de la maison d’Israël, je ne lui pardonnerai plus. 7 Mais j’aurai pitié de la maison de Juda ; je les sauverai par l’Éternel, leur Dieu, et je ne les sauverai ni par l’arc, ni par l’épée, ni par les combats, ni par les chevaux, ni par les cavaliers. 8 Elle sevra Lo-Ruchama ; puis elle conçut, et enfanta un fils. 9 Et l’Éternel dit : Donne-lui le nom de Lo-Ammi ; car vous n’êtes pas mon peuple, et je ne suis pas votre Dieu (Osée 1.2-9).
          Cette demande de Dieu est d’autant plus incroyable que Dieu avait clairement interdit toute forme de prostitution :
          Il n’y aura aucune prostituée parmi les filles d’Israël, et il n’y aura aucun prostitué parmi les fils d’Israël (Deutéronome 23.17).
          Il était interdit à un sacrificateur de se marier avec une prostituée. On peut imager qu’il devrait en être de même pour un prophète qui est le porte-parole de Dieu :
          Le sacrificateur ne prendra ni une veuve, ni une femme répudiée, ni une femme déshonorée ou prostituée ; mais il prendra pour femme une vierge parmi son peuple (Lévitique 21.14).
          Non seulement le prophète doit vivre cette relation conjugale extravagante, mais Dieu donne lui-même les noms des enfants qui naissent de cette union. Et ces noms sont très éloquents, ils traduisent les sentiments de Dieu envers son peuple :
          • Le premier fils reçoit le nom de Jizreel qu’il faut prendre ici dans le sens d’une menace : « Dieu dispersera », le texte ajoute clairement qu’elle est l’intention de Dieu : je mettrai fin au royaume de la maison d’Israël (Osée 1.4).
          • Lo-Ruchuma est le nom qui est donné à la fille d’Osée, ce qui signifie « non aimée » et Dieu ajoute : car je n’aurai plus pitié de la maison d’Israël, je ne lui pardonnerai plus (Osée 1.6).
          • Le deuxième fils s’appelle « Lo-Ammi », c’est-à-dire « non mon peuple » ; à ce nom, Dieu associe cette déclaration : car vous n’êtes pas mon peuple, et je ne suis pas votre Dieu (Osée 1.9).
          • Les noms donnés aux enfants d’Osée nous mettent sur la voie pour comprendre que Dieu fait vivre à Osée, à la vue de tous, ce que lui-même vit dans sa relation avec le peuple d’Israël.
            Au travers de ce mariage incongru du prophète et des noms insolites que portent ses enfants, Dieu, pour la première fois, se présente à son peuple comme « l’époux » et le peuple devient par conséquent « l’épouse ». L’alliance contractée entre Dieu et le peuple d’Israël est comparée à celle du mariage où les époux se sont promis d’être fidèles l’un à l’autre.
            L’image choc de la prostituée met l’accent sur infidélité du peuple d’Israël. Paradoxalement, lorsque Dieu demande à Osée de prendre en mariage une prostituée, il veut transmettre un message d’espoir. Le texte d’Osée le souligne sans ambiguïté, immédiatement après avoir déclaré vous n’êtes pas mon peuple, et je ne suis pas votre Dieu, on peut lire :
            Le nombre des fils d’Israël sera comme le sable de la mer qu’on ne peut ni mesurer ni compter, et il arrivera qu’à l’endroit où on leur disait : « Vous n’êtes pas mon peuple », on leur dira : « Fils du Dieu vivant », les fils de Juda et les fils d’Israël se réuniront, ils se donneront un chef unique et ils submergeront le pays : car grand sera le jour d’Izréel. Dites à vos frères : « Ammi, mon peuple », et à vos sœurs : « Rouhama, Bien-aimée » (Osée 2.1-4, Traduction œcuménique de la Bible).
            Par cette déclaration prophétique, Osée annonce les temps messianiques où l’harmonie sera complète entre Dieu et son peuple.
            En attendant, Dieu demande à Osée d’épouser une prostituée parce qu’il aime encore et toujours son peuple. Il désapprouve sa conduite et son infidélité mais il l’aime passionnément.
            Comment Dieu peut-il faire pour retrouver une relation d’amour partagée avec son peuple ?
            • Dieu devient séducteur :
            • Eh bien, moi, je vais la séduire ; je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur. De là, je lui donnerai ses vignes et la vallée d’Akor comme une porte d’espoir ; elle y répondra comme aux jours de sa jeunesse, comme au jour où elle monta d’Égypte. En ce jour-là déclaration du SEIGNEUR – tu m’appelleras « mon Mari », tu ne m’appelleras plus « mon Baal » (Osée 2.16-18, Nouvelle Bible Second).
              Dieu veut conduire son peuple dans le désert, là où l’alliance avait été scellée sur la base de la révélation de sa Parole, parce que Dieu espère que son « épouse » changera de comportement et qu’elle vivra en accord avec sa révélation qui est le reflet de sa nature :
              Je te fiancerai à moi pour toujours, je te fiancerai à moi par la justice et le droit, l’amour et la tendresse. Je te fiancerai à moi par la fidélité et tu connaîtras le SEIGNEUR (Osée 2.21, 22, Traduction œcuménique de la Bible).
              Dans l’expérience vécue et décrite par le prophète Osée, deux éléments dominent lorsqu’il présente au peuple d’Israël Dieu comme son époux :
              • L’amour passionné de Dieu pour son peuple et pour tous les hommes.
              • L’espoir de Dieu de voir son peuple lui être fidèle
              • 2. Le prophète Ésaïe et le retour de l’épouse :
                Pour comprendre toute la portée des paroles adressées par Dieu à son peuple lorsqu’il utilise le symbolisme du mariage, il faut au préalable avoir une vision générale du livre du prophète Ésaïe.
                À cause des fautes et de l’infidélité d’Israël, Dieu a annoncé, par l’intermédiaire du prophète Ésaïe, le jugement d’Israël et son exil, dans la première partie de son livre (Voir Ésaïe chapitres 1 à 5 et 39).
                À partir du chapitre 40, le thème est celui de la consolation d’Israël avec l’annonce de la délivrance. Les chapitres 49 à 57 présentent le Messie comme restaurateur d’Israël et lumière des nations. De 52.13 à 53.12, l’œuvre du Messie portant les péchés de l’humanité est décrite avec détail. Juste à la suite de ce passage, Dieu adresse à Jérusalem une très belle et émouvante déclaration d’amour. Cette déclaration, dont voici un extrait, est l’une des bénédictions qui découle du sacrifice du Messie :
                5 Car ton créateur est ton époux : l’Éternel des armées est son nom ; et ton rédempteur est le Saint d’Israël : Il se nomme Dieu de toute la terre ; 6 car l’Éternel te rappelle comme une femme délaissée et au cœur attristé, comme une épouse de la jeunesse qui a été répudiée, dit ton Dieu. 7 Quelques instants je t’avais abandonnée, mais avec une grande affection je t’accueillerai. 8 Dans un instant de colère, je t’avais un moment dérobé ma face, mais avec un amour éternel j’aurai compassion de toi, dit ton rédempteur, l’Éternel. 9 Il en sera pour moi comme des eaux de Noé : j’avais juré que les eaux de Noé ne se répandraient plus sur la terre ; je jure de même de ne plus m’irriter contre toi et de ne plus te menacer. 10 Quand les montagnes s’éloigneraient, quand les collines chancelleraient, mon amour ne s’éloignera point de toi, et mon alliance de paix ne chancellera point, dit l’Éternel, qui a compassion de toi (Ésaïe 54.5-10).
                Bien que Dieu soit trompé par son peuple infidèle, il éprouve toujours un amour sans limite pour lui. Mais peut-il supporter indéfiniment que son épouse soit infidèle ?
                3. Le prophète Jérémie et l’infidélité sans raison :
                La parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots : Va, et crie aux oreilles de Jérusalem : Ainsi parle l’Éternel : Je me souviens de ton amour lorsque tu étais jeune, de ton affection lorsque tu étais fiancée, quand tu me suivais au désert, dans une terre inculte (Jérémie 2.1,2).
                Dieu se souvient avec nostalgie de l’époque des fiançailles, lorsque le peuple d’Israël aimait son Dieu et le suivait dans le désert.
                Mais, à l’époque du prophète Jérémie, les choses ont bien changé, d’où la question de Dieu :
                Ainsi parle l’Éternel : Quelle iniquité vos pères ont-ils trouvée en moi, pour s’éloigner de moi, et pour aller après des choses de néant et n’être eux-mêmes que néant ? (Jérémie 2.5). Les choses de néant font référence aux idoles avec qui Israël et Juda se prostituent. Voir Jérémie chapitre 3 où Dieu dénonce les prostitutions d’Israël et de Juda.
                Le comportement des hommes semble être une énigme pour Dieu. Alors que Dieu a tout donné à son peuple, pourquoi s’éloigne-t-il de lui en lui étant infidèle ? La même question ne se repose-t-elle pas aujourd’hui ?
                4. Pour le prophète Ézéchiel le mariage est avant tout une alliance :
                Ézéchiel, le prophète de la nouvelle alliance, s’intéresse plus particulièrement au thème de l’alliance quand il évoque le mariage entre Dieu et Jérusalem :
                Et je passai près de toi, et je te vis, et voici, ton âge était l’âge des amours ; et j’étendis sur toi le pan de ma robe, et je couvris ta nudité ; et je te jurai, et j’entrai en alliance avec toi, dit le Seigneur, l’Éternel ; et tu fus à moi (Ézéchiel 16.8).
                Les infidélités de Jérusalem, aussi bien les religieuses que les politiques, furent dénoncées par Dieu qui les considéra comme autant d’actes de prostitution :
                Et ta renommée se répandit parmi les nations à cause de ta beauté, car elle était parfaite par ma magnificence que j’avais mise sur toi, dit le Seigneur, l’Éternel. Mais tu te confias en ta beauté, et tu te prostituas à cause de ta renommée, et tu prodiguas tes prostitutions à tout passant, c’était pour lui (Ézéchiel 16.14, 15).
                Dieu conclut cette expérience peu glorieuse de Jérusalem en ces termes :
                59 Voici ce que je déclare, moi, le Seigneur Dieu : Tu n’as pas tenu compte de ton serment mais tu as rompu notre alliance, si bien que je te traiterai comme tu le mérites. 60 Seulement, moi, je serai fidèle à l’alliance que j’ai conclue avec toi au temps de ta jeunesse et je la transformerai en une alliance éternelle. […] 62 Je renouvellerai mon alliance avec toi et tu seras convaincue que je suis le Seigneur. 63 Alors tu te souviendras du passé, tu en rougiras de honte et tu n’oseras plus prendre la parole, mais moi, je te pardonnerai tout le mal que tu as fait. Je l’affirme, moi, le Seigneur Dieu (Ézéchiel 16.59, 60, 62, 63, La Bible en français courant).
                Dans cette conclusion, Dieu insiste sur la responsabilité de Jérusalem dans la rupture de l’alliance, et il prévient que cela ne sera pas sans conséquence.
                Mais, une fois de plus, l’accent est mis par le prophète sur l’attitude magnanime de Dieu face à la faiblesse et à l’infidélité humaines :
                • Lui, Il reste fidèle à l’alliance qu’il avait conclue.
                • Il transforme cette alliance en une alliance éternelle.
                • Il renouvelle son alliance avec Jérusalem.
                • Il pardonne tout le mal que Jérusalem a fait.
                • RÉUSSIR SON MARIAGE AVEC DIEU

                  Dans les Évangiles et dans les Épîtres, le mot « église » a parfois été substitué à la notion de peuple de Dieu. Le mot « église » vient du grec « ekklesia » qui signifie assemblée. Le mot « église » désigne donc l’assemblée des croyants, c’est-à-dire le peuple de Dieu.
                  L’apôtre Paul a donné des conseils aux maris pour que leur mariage soit une réussite. Pour aider les maris à comprendre ce que signifie « aimer », il leur donne l’exemple de ce que Christ a fait par amour pour l’Église ; au passage, il dit comment le Christ veut faire paraître son Église :
                  Maris, que chacun aime sa femme, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par l’eau de la parole, pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable (Éphésiens 5.25-27).
                  Par cette déclaration, nous comprenons que le Christ/époux nous a aimés jusqu’à donner sa vie pour que nous puissions paraître devant lui saint et irréprochable pour que son mariage avec nous soit une réussite.
                  À notre tour qu’allons-nous faire pour que notre mariage avec lui soit une réussite ? Osée, qui a su nous présenter l’amour passionné de Dieu pour nous, nous rapporte ce qui plaît à Dieu, c’est certainement une voie pour réussir notre mariage avec lui :
                  Car je ne prends pas plaisir aux sacrifices, mais à la fidélité ; je préfère aux holocaustes la connaissance de Dieu (Osée 6.6, La Nouvelle Bible Segond).
                  Voici une autre traduction possible de cette déclaration de Dieu :
                  Car c’est l’amour qui me plaît, non le sacrifice ; et la connaissance de Dieu, je la préfère aux holocaustes (Osée 6.6, Traduction œcuménique de la Bible).
                  Dieu n’est pas intéressé par les rites extérieurs, ce qui plaît à Dieu, c’est notre fidélité et notre amour. Le mot hébreu « hésèd » a le sens principal de fidélité, mais il peut être employé pour exprimer l’amitié, la bonté, la bienveillance, la loyauté et l’amour.
                  Ce qu’il préfère, c’est qu’on le connaisse. Par le même prophète, Dieu nous indique la voie à suivre pour le connaître : Je te fiancerai à moi par la fidélité et tu connaîtras le SEIGNEUR (Osée 2.22, Traduction œcuménique de la Bible).
                  Dieu nous propose de faire alliance avec lui. Pour que nous comprenions bien le sens de cette alliance, Dieu la compare à un mariage d’amour où les partenaires (lui et nous) s’engagent à une fidélité réciproque.
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