DIEU SE DÉVOILE EN CRÉANT
1. LA GENÈSE : LE LIVRE DES ORIGINES
2. LE RÉCIT DE LA CRÉATION
3. DIEU CRÉA LES CIEUX ET LA TERRE
4. LA TERRE INFORME ET VIDE
5. COMMENT DIEU SE REND-IL PROCHE ET ACCESSIBLE À L'HOMME ?
6. LA RENCONTRE
7. CONCLUSION
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1. LA GENÈSE : LE LIVRE DES ORIGINES
"Genesis" est un mot grec dont la sens est naissance, origine. En quelques pages, l'auteur de la Genèse aborde les thèmes fondamentaux de la réflexion humaine : origine de la terre, origine de l'homme, origine du mal, origine de la mort, la destinée de l'homme.
2. LE RÉCIT DE LA CRÉATION
Quel est le but de l'auteur du livre de la Genèse en décrivant le récit de la création en quelques lignes ? La présentation concise du texte permet immédiatement de conclure que l'intention de l'auteur n'est pas de faire de ce texte un récit scientifique sur l'origine de la terre, l'origine des différentes espèces vivantes végétales et animales et sur l'origine de l'homme ?
Ce texte n'a pas été écrit pour nous donner des renseignements sur le comment de la création. Le but de la Bible est de nous enseigner (2 Timothée 3.16 "Toute Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner"). Au travers de ce récit de la création, le rédacteur cherche à nous dispenser des enseignements sur Dieu, sur l'homme et sur leur relation.
3. DIEU CRÉA LES CIEUX ET LA TERRE
"Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre." (Genèse 1.1)
a) "Au commencement" : cette expression annonce une nouvelle réalité : l'apparition du monde de l'homme. Le "commencement" implique l'idée d'un développement, d'une histoire, d'un projet, d'une finalité.
b) "Dieu créa", en hébreu : "bara Elohim".
Dieu ne se présente pas, il est. Mais l'auteur lui donne un nom : Elohim. Dans la pensée sémitique et hébraïque, le nom est porteur d'enseignement. Il définit et il qualifie la personne qui le porte. Par les noms que l'auteur biblique emploie pour désigner Dieu, il dévoile sa personnalité et ses qualités. Dans le livre de la Genèse, Dieu porte plusieurs noms selon le temps et les circonstances. Ces différents noms permettent de faire connaissance avec le Dieu de la Bible.
"Elohim" est le pluriel de Eloha, ce qui pose un problème. Notons que le verbe "bara" est pourtant conjugué à la troisième personne du singulier. Dieu est à la fois pluriel et singulier.
Pour comprendre l'enseignement contenu dans ce nom de Dieu, il faut faire référence à d'autres textes bibliques :
"Ecoute, Israël ! L'Éternel, notre Dieu est le seul Éternel." (Deutéronome 6.4) dont la traduction littérale pourrait être : "Ecoute, Israël ! L'Éternel, "nos dieux", l'Éternel un."
Le mot "un" (éhad en hébreu) employé dans le texte biblique exprime l'idée d'unité constituée d'éléments composites. Voici d'autres exemples de l'emploi du mot "éhad" dans le livre de la Genèse :
"Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir et un matin : ce fut le premier [en hébreu : éhad = un] jour." (Genèse 1.5)
"C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et ils deviendront une seule [en hébreu : éhad = un] chair." (Genèse 2.24)
Pour la Bible, Dieu est à la fois pluriel et singulier. Dieu est un mais il se manifeste en trois "personnes". Le Nouveau Testament éclaire cette notion en parlant de Jésus-Christ comme le créateur de toutes choses :
"Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle... Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père." (Jean 1.1-3, 14)
"Dieu dans ces derniers temps nous a parlé par le Fils ; il l'a établi héritier de toutes choses ; par lui il a aussi créé l'univers." (Hébreux 1.2)
"Car en lui [Jésus] ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui." (Colossiens 1.16)
La déclaration du livre du Deutéronome : "l'Éternel un" (6.4) trouve un équivalent dans le Nouveau Testament avec cette parole de Jésus : "moi et le Père nous sommes un." (Jean 10.30)
Le Saint Esprit qui est étroitement associé au Père et au Fils (2 Corinthiens 13.13 : "Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu, et la communication du Saint-Esprit, soient avec vous tous !" ), il joue un rôle important dans la création :
"L'Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux." (Genèse 1.2)
c) "Créa"
Le verbe "bara" a une double signification. Il est construit à partir d'une racine dont le sens est "tailler" et "bara" est proche de l'adverbe "bar" qui signifie "hors de". Le verbe "bara" n'a qu'un seul sujet dans la Bible : Dieu. Cette double définition de "bara" nous permet de répondre à la question : D'ou vient notre monde ? Notre monde a été créé par Dieu, il vient de Dieu, mais il est à présent hors de Dieu, séparé de Dieu. L'univers n'est donc pas divin, il n'est pas Dieu.
c) "Les cieux et la terre."
Dieu est le créateur de tout l'environnement que l'homme voit. Les cieux sont considérés par l'auteur de la Genèse comme la résidence de Dieu : "C'est ici la maison de Dieu, la porte des cieux !" (Genèse 28.17) Nous pouvons déjà dire que dès l'origine, il existe un rapport étroit entre la terre (résidence de l'homme), et les cieux (résidence de Dieu).
4. LA TERRE INFORME ET VIDE
"La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux." (Genèse 1.2)
a) Le sens des mots : "tôhou" (informe) et "bôhou" (vide).
"La terre était déserte et vide" (Genèse 1.2, traduction oecuménique de la Bible)
Le mot tôhou, est traduit dans Esaïe 45.18 par "désert", dans le sens de lieu inhabité par l'homme :
"Car ainsi parle l'Éternel, le créateur des cieux, le seul Dieu, qui a formé la terre, qui l'a faite et qui l'a affermie, qui l'a créée pour qu'elle ne soit pas déserte, qui l'a formée pour qu'elle soit habitée : je suis l'Éternel, et il n'y en point d'autre."
Le mot "tôhou" est aussi employé dans Psaume 107.40 où il est également rendu par désert :
"Il verse le mépris sur les grands, et les faits errer dans les déserts sans chemin."
Le désert est ici un lieu où il n'y a pas de chemin, donc c'est un endroit où on ne peut pas s'orienter.
Par conséquent on peut dire que le "tôhou" est un monde inorganisé, sans vie, sans direction.
Le mot "bôhou" indique l'idée de vide, comme le mot abîme qui le suit dans le texte. Le vide du "bôhou" n'est pas un vide physique mais plutôt une absence de présence, dans le sens où personne ne vit dans ce "tôhou" et "bôhou".
A cet état de la création, notre monde est un monde de ténèbres, inhabité et inhabitable, aucune vie, aucune organisation.
Cette association de "tôhou" et "bôhou" est aussi faite une seule autre fois dans toute la Bible dans le texte Jérémie 4.23-25 ce qui confirme pleinement que le monde décrit dans Genèse 1.2 est un monde sans vie, inhabité et sans homme :
"Je regarde la terre, et voici, elle est informe et vide ; les cieux, et leur lumière a disparu. Je regarde les montagnes, et voici, elles sont ébranlées, et toutes les collines chancellent. Je regarde, et voici, il n'y a point d'homme."
En mettant l'accent sur l'état désertique et inhabité de la terre, l'auteur cherche à nous faire comprendre que Dieu a l'intention de combler ce vide naturel et inhérent de la terre. Sans son action la terre resterait sans vie. Une fois de plus le texte souligne avec force que la terre, la matière en elle même ne peut rien et n'est rien.
b) La présence de Dieu
Même dans cet état la terre n'est pas abandonnée, l'Esprit de Dieu s'y intéresse, il l'entoure :
"L'Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux" (Genèse 1.2)
L'Esprit de Dieu est le signe d'une action permanente et continue de Dieu. Le Nouveau Testament explique la naissance de Jésus par une action de l'Esprit de Dieu similaire à celle qu'il a eu lors de la création pour faire éclore la vie :
"Marie dit à l'ange : Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? L'ange lui répondit : Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu." (Luc 1.34-35)
L'Esprit de Dieu ou Saint-Esprit est aussi le signe de la présence de Dieu. Pour faire comprendre que Dieu est bien présent dans ceux qui ont accepté Dieu dans leur vie, l'apôtre Paul enseigne qu'ils deviennent le temple du Saint-Esprit :
"Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que le Saint-Esprit habite en vous ?" (1 Corinthiens 3.16)
Un deuxième élément qui intervient ici, l'eau, base de la vie humaine. Jésus montra dans son enseignement comment ces deux éléments : l'Esprit et l'eau sont intimement associés à la naissance spirituelle des humains afin qu'ils puissent entrer dans le royaume de Dieu :
"Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu." (Jean 3.5)
c) Le don de Dieu
L'Esprit de Dieu est l'une des manifestations de Dieu. C'est Dieu qui se donne entièrement à l'homme avant qu'il n'existe, pour qu'il puisse recevoir une vie pleine et entière.
Le désert se transforme en terre habitable parce que Dieu a donné son Esprit. Si l'Esprit de Dieu se retire, la terre retournera à cet état chaotique (Jérémie 4.23). Qu'en est-il de notre vie personnelle ?
Si Dieu était présent par son Esprit lorsque la terre était déserte et vide à combien plus forte raison est-il proche de nous aujourd'hui alors que la terre est habitée par les humains.
5. LES SIX JOURS DE LA CRÉATION OU COMMENT DIEU SE REND-IL PROCHE ET ACCESSIBLE À L'HOMME ?
a) À la recherche d'un dialogue :
"Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut." (Genèse 1.3)
"Dieu dit", le moyen par lequel Dieu crée est la parole de Dieu :
"Les cieux ont été faits par la parole de l'Éternel, et toute leur armée par le souffle de sa bouche." (Psaume 33.6)
En utilisant la Parole comme moyen de création, Dieu souligne l'efficacité de celle-ci : "Dieu dit : Que la lumière soit" et la réponse ne se fait pas attendre : "et la lumière fut". La parole de Dieu n'est pas sans effet, elle n'est pas stérile, au contraire, elle est féconde.
La parole n'est pas seulement l'instrument par lequel Dieu crée notre monde, elle porte en elle l'espoir d'un dialogue. En créant le monde par la parole et en s'adressant à l'homme : "Dieu leur [à l'homme et à la femme] dit : Soyez..." (Genèse 1.28), Dieu montre qu'un dialogue est possible entre lui et sa créature.
L'expression "Dieu dit" est utilisé dix fois dans le récit de la création (Genèse 1.3, 6, 9, 11, 14, 20, 24, 26, 28, 29). Dieu construit notre monde avec dix paroles. Il a aussi établit son alliance avec dix paroles lorsque le peuple d'Israël est sorti d'Égypte : "Et l'Éternel écrivit sur les tables les paroles de l'alliance, les dix paroles." (Exode 34.28)
Ce rapprochement est significatif. Dans ces deux circonstances exceptionnelles et fondamentales, la création du monde et la ratification de l'alliance, Dieu se révéla uniquement par sa parole. Moïse attire l'attention de son peuple sur cette réalité :
"Vous n'avez vu aucune figure le jour où l'Éternel vous parla du milieu du feu, à l'Horeb." (Deutéronome 4.15)
Ces deux textes établissent d'une manière irréfutable que les rapports entre Dieu et les humains seront ancrés sur la Parole de Dieu.
Cela est tellement vrai que la parole créatrice s'est incarnée dans la personne de Jésus pour nous permettre de rencontrer Dieu :
"Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu... Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père." (Jean 1.1, 14)
"Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi." (Jean 14.6)
La Parole de Dieu est audible aujourd'hui car elle a été transmise par écrit et elle est contenue dans la Bible et Dieu se révèle par elle.
b) La rencontre temporelle :
"Il y eut un soir, et il y eut un matin ce fut..." (Genèse 1.5, 8, 13, 19, 23, 31)
Cette phrase revient 6 fois. Elle scande les différentes étapes de la création. Pourquoi Dieu a-t-il créé le monde en 6 jours alors qu'il aurait pu le faire en un instant ?
"Tout ce que l'Éternel veut, il le fait, dans les cieux et sur la terre." (Psaume 135.6)
"Car il dit et la chose arrive ; il ordonne et elle existe." (Psaume 33.9)
L'expression "ce fut le premier jour" devrait plutôt être traduite par "un jour". (Cf. la traduction d'André Chouraqui : "Et c'est un soir et c'est un matin : jour un".)
Dans le texte hébreu, l'auteur n'emploie pas le mot "premier" alors qu'il écrira ensuite deuxième, troisième etc...
Par cette formule, le texte biblique affirme un principe fondamental : celui du temps. Dieu crée le temps, le cadre temporel de l'homme.
Au-delà du fait que Dieu fixe un rythme de vie aux humains en créant le monde en six jours auxquels il ajoute un septième, Dieu s'impose une attitude remarquable : Il crée et vit au rythme des humains avant que ceci soient amenés à l'existence. Il entre dans le temps de l'homme, il prépare sa rencontre avec ses créatures.
c) Inutile de chercher Dieu là où il n'est pas :
"Dieu dit : Qu'il y est des luminaires dans l'étendue du ciel, pour séparer le jour d'avec la nuit ; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années ; et qu'ils servent de luminaires pour éclairer la terre. Et cela fut ainsi. Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit ; et il fit aussi les étoiles. Dieu les plaça dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre, pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d'avec les ténèbres. Dieu vit que cela était bon." (Genèse 1.14-17)
Les hommes ont accordé des pouvoirs et des attributs divins aux astres qui les entourent. Le soleil est la principale divinité en Égypte, la lune est le dieu le plus important dans le culte en Mésopotamie. L'auteur de la Genèse ne leur reconnaît ces qualités, il ne leur accorde aucun pouvoir. Pour le montrer, il ne les appelle même pas par leur nom, mais il les définit simplement comme des "porte lumière".
Ensuite, il prend bien soin de définir exactement leur rôle. Il répète plusieurs fois les fonctions que Dieu leur attribue les limitant à porter la lumière et à rythmer les jours, les mois, les saisons et les années. Les astres n'ont aucune autre fonction.
d) Les humains font partie de la famille de Dieu :
"Puis Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme." (Genèse 1.26-27)
L'homme et la femme sont créés à l'image de Dieu, ils sont donc proches de Dieu :
"Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, la lune et les étoiles que tu as créées : Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l'homme pour que tu prennes garde à lui ? Tu l'as fait de peu inférieur à Dieu, tu l'as couronné de gloire et de magnificence. Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains, tu as tout mis sous ses pieds." (Psaume 8.4-7)
Les humains appartiennent à la famille de Dieu. Ce lien familial apparaît très nettement dans la généalogie de Jésus présentée par Luc qui établit la filiation divine de Jésus au travers de son ascendance humaine :
"Jésus avait environ trente ans lorsqu'il commença son ministère, étant comme on le croyait, fils de Joseph, fils d'Héli, fils de Matthat [...] fils d'Enos, fils de Seth, fils d'Adam, fils de Dieu." (Luc 3.23 et 38)
C'est aussi pour cela nous nous pouvons l'appeler Père comme Jésus nous a enseigné à le faire dans la prière dominicale :
"Notre Père qui es aux cieux !..." (Matthieu 6.9)
e) L'homme et la femme, un roi et une reine ayant la confiance de Dieu :
"Dieu les bénit et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez et remplissez la terre, et assujettissez-la ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre." (Genèse 1.28)
Immédiatement après leur création, Dieu donne à l'homme et à sa femme la domination de la terre. Dieu n'hésite pas à partager ses responsabilités avec ses créatures. Il leur fait pleinement confiance. Dieu fait de l'homme un roi et de sa femme une reine. Il faut noter au passage que l'homme et la femme partagent les mêmes responsabilités parce qu'ils sont égaux devant Dieu.
6. LA RENCONTRE :
"Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée. Dieu acheva au septième jour son œuvre, qu'il avait faite ; et il se reposa au septième jour de toute son œuvre qu'il avait faite. Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu'en ce jour il se reposa de toute son œuvre qu'il avait créé en la faisant." (Genèse 2.1-3)
a) "Ainsi furent achevés" : la création est finie, le monde a été organisée, les êtres vivants ont été amenés à l'existence. Les humains ont été établis en tant que gestionnaires de la terre. L'œuvre de Dieu n'est pas pour autant terminée.
b) "Dieu acheva son œuvre au septième jour"
Dieu se repose ou plutôt il chôme ; il ne crée rien de matériel :
"Il chôme, le septième jour, de tout son ouvrage qu'il avait fait." (Genèse 1.28, Traduction Chouraqui)
Dieu crée un espace de temps supplémentaire qu'il bénit et qu'il sanctifie. Le vocabulaire religieux associé ce jour lui confère un sens particulier.
Pendant six jours Dieu a mis en place toute chose pour rendre possible la relation entre lui et 1es humains : Il a parlé, il est entré dans le temps des humains, l'homme et la femme font partie de la famille de Dieu qui leur fait totalement confiance. Le septième jour sera consacré à la rencontre.
L'œuvre de Dieu prend tout son sens quand les humains dialoguent avec leur créateur. Ce jour n'est pas limité, nous ne retrouvons pas l'expression "il y eut un soir, il y eut un matin ce fut le ...", la relation que le créateur désire établir avec sa créature n'est pas celle d'un jour, ou encore celle d'un jour par semaine, mais cette relation doit être sans fin comme le jour qui l'inaugure.
7. CONCLUSION
Ce premier récit de la création nous présente un Dieu qui a organisé la création de notre monde pour faciliter les relations entre lui et ses créatures. Il a même créé un jour spécialement pour vivre cette relation. En bénissant et sanctifiant le septième jour, il a voulu lui donner un caractère religieux, non dans le sens ou nous l'entendons habituellement mais plutôt dans le sens étymologique de religieux, c'est-à-dire relier, créer des relations. A nous de faire notre cette volonté divine et la relation entre nous et Dieu peut se vivre instantanément.
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